Précautions standard et précautions complémentaires

Précautions standard et précautions complémentaires

Sources

Cours IFSI

Actualisation des précautions standard, 2017 sur sf2h.net

Guide de prévention de la transmission par voie respiratoire, 2024 sur sf2h.net

Prévenir la transmission des infections, 2025 sur sf2h.net

Julie VIOLET

Mis à jour le 14/07/2026

À retenir
Les points essentiels du cours
Précautions standard = pour tous les patients, tout le temps. - Précautions complémentaires = mesures supplémentaires adaptées au risque de transmission. - Les précautions complémentaires ne remplacent jamais les précautions standard.

Les précautions d’hygiène permettent de prévenir la transmission des agents infectieux entre les patients, les professionnels de santé et l’environnement.

Elles reposent sur :

  • les précautions standard, appliquées systématiquement ;
  • les précautions complémentaires, ajoutées dans certaines situations à risque infectieux.

 

I. Précautions standard

Les précautions standard constituent le socle de la prévention du risque infectieux.

Elles s’appliquent :

  • pour tout soin ;
  • en tout lieu de soins ;
  • pour tout patient, quel que soit son statut infectieux ;
  • par tous les professionnels de santé.

 

Hygiène des mains

L’hygiène des mains est essentielle pour prévenir la transmission croisée des micro-organismes.

La friction hydroalcoolique (FHA) est la technique de référence lorsque les mains sont visiblement propres et sèches.

Le lavage à l’eau et au savon est notamment réalisé lorsque les mains sont visiblement souillées ou mouillées et dans certaines situations particulières (ex. : Clostridioides difficile, gale).

 

Port de gants

Les gants sont portés en cas de :

  • risque de contact avec du sang ou un liquide biologique ;
  • contact avec une muqueuse ou une peau lésée ;
  • manipulation de matériel visiblement souillé ;
  • peau lésée chez le professionnel.

 

Les gants sont enfilés juste avant le soin et retirés immédiatement après.

Le port de gants ne remplace jamais l’hygiène des mains.

 

Équipement de protection individuelle

Les équipements de protection individuelle sont adaptés au risque d’exposition.

Tablier imperméable à usage unique
→ soin mouillant ou souillant ;
→ contact avec le patient ou son environnement dans certaines précautions complémentaires contact.

Surblouse à manches longues
→ risque d’exposition importante aux liquides biologiques ;
→ certaines situations infectieuses nécessitant une protection des bras et de la tenue.

Masque et protection oculaire
→ risque de projection ou d’aérosolisation de sang ou de liquide biologique vers le visage.

 

Prévention des accidents d’exposition au sang

Pour prévenir les accidents d’exposition au sang (AES) :

  • utiliser les dispositifs de sécurité disponibles ;
  • ne jamais recapuchonner une aiguille ;
  • éliminer immédiatement les objets perforants dans un collecteur adapté ;
  • ne pas désadapter manuellement les aiguilles.

 

En cas d’AES :

  1. ne pas faire saigner ;
  2. nettoyer immédiatement à l’eau et au savon puis rincer ;
  3. réaliser une antisepsie selon le protocole ;
  4. demander rapidement un avis médical pour évaluer le risque infectieux et la nécessité d’un traitement post-exposition ;
  5. déclarer l’accident selon la procédure de l’établissement.

 

Gestion de l’environnement

Les précautions standard concernent également :

  • le nettoyage et la désinfection du matériel ;
  • le bionettoyage de l’environnement ;
  • la gestion du linge ;
  • la gestion des excreta ;
  • le tri et l’élimination des déchets.

 

II. Précautions complémentaires

Les précautions complémentaires sont mises en place en complément des précautions standard lorsqu’un patient est suspect ou atteint d’une infection nécessitant des mesures supplémentaires pour limiter sa transmission.

Elles sont adaptées :

  • au micro-organisme ;
  • à son mode de transmission ;
  • à la situation clinique ;
  • au niveau d’exposition.

 

La mise en place des précautions doit être signalée, tracée et réévaluée selon les protocoles en vigueur.

 

III. Précautions complémentaires contact

 

Les précautions complémentaires contact visent à prévenir la transmission des micro-organismes par contact direct ou indirect avec le patient ou son environnement.

 

Exemples de situations

  • gale ;
  • diarrhée à Clostridioides difficile ;
  • certaines infections ou colonisations par des bactéries résistantes aux antibiotiques.

 

Principales mesures

  • chambre individuelle selon l’évaluation du risque ;
  • information du patient et signalisation adaptée ;
  • hygiène rigoureuse des mains ;
  • protection de la tenue lors d’un contact avec le patient ou son environnement ;
  • matériel dédié au patient lorsque cela est possible ;
  • nettoyage et désinfection adaptés de l’environnement et du matériel.

 

Le port de gants n’est pas systématique du seul fait de la mise en place de précautions complémentaires contact. Il dépend du risque d’exposition et de l’agent infectieux en cause. Certaines situations nécessitent des mesures spécifiques (ex. : gale, infection à Clostridioides difficile).

 

IV. Précautions complémentaires respiratoires

Les précautions complémentaires respiratoires visent à prévenir la transmission des agents infectieux émis par les voies respiratoires.

Le risque de transmission dépend notamment :

  • de l’agent infectieux ;
  • de la proximité avec le patient ;
  • de la durée d’exposition ;
  • de la ventilation des locaux ;
  • de la réalisation d’un geste générant des aérosols.

 

Principales mesures

  • identifier rapidement les symptômes respiratoires ;
  • faire porter un masque au patient selon la situation ;
  • installer le patient dans une chambre individuelle lorsque cela est indiqué ;
  • maintenir une ventilation adaptée des locaux ;
  • limiter les déplacements du patient ;
  • adapter la protection respiratoire des professionnels au niveau de risque.

 

Protection respiratoire du professionnel

Masque à usage médical
→ limite l’émission et l’inhalation de particules respiratoires dans certaines situations à risque.

Appareil de protection respiratoire de type FFP2
→ utilisé lorsque le risque de transmission respiratoire est plus élevé, notamment selon l’agent infectieux et lors de certains gestes générant des aérosols.

Exemples de pathologies nécessitant des précautions respiratoires :

  • grippe ;
  • COVID-19 ;
  • coqueluche ;
  • infection invasive à méningocoque ;
  • tuberculose pulmonaire contagieuse ;
  • rougeole ;
  • varicelle.

 

Les mesures précises sont adaptées au micro-organisme et au niveau d’exposition selon les recommandations et protocoles en vigueur.

 

V. Environnement protecteur

Certaines personnes présentant une immunodépression sévère nécessitent des mesures visant à réduire leur exposition aux agents infectieux présents dans l’environnement.

Ces mesures concernent notamment certaines situations d’immunodépression profonde ou de greffe.

Elles peuvent comprendre :

  • une chambre individuelle ;
  • une maîtrise de la qualité de l’air ;
  • une hygiène des mains rigoureuse ;
  • des mesures spécifiques concernant les visiteurs et les professionnels ;
  • une protection adaptée lors de certains soins.

 

Les mesures sont définies en fonction du niveau d’immunodépression et du risque infectieux du patient.

Pour résumer (carte mentale)

précautions standard et précautions complémentaires