Comprendre et surveiller les paramètres vitaux : pression artérielle, fréquence cardiaque, saturation en oxygène, fréquence respiratoire, température, glycémie et diurèse. Découvrez les valeurs de référence chez l’adulte et l’enfant.
Les paramètres vitaux sont des indicateurs physiologiques permettant d’évaluer l’état clinique d’une personne, de suivre son évolution et de détecter précocement une éventuelle dégradation de son état de santé.
Leur surveillance fait partie des compétences essentielles de l’infirmier. Elle repose sur des mesures fiables, une interprétation adaptée à l’âge et au contexte clinique, ainsi que sur la transmission des anomalies observées.
La surveillance des paramètres vitaux s’inscrit dans le rôle propre infirmier, conformément aux dispositions du Code de la santé publique relatives à l’exercice de la profession infirmière, notamment les articles R.4311-1 et suivants.
Elle permet de :
Les principaux paramètres surveillés sont la pression artérielle, la fréquence cardiaque, la saturation en oxygène, la fréquence respiratoire, la température, la glycémie et la diurèse.
Les valeurs de référence varient selon l’âge, l’état physiologique et le contexte clinique. Une valeur isolée doit toujours être interprétée en tenant compte des antécédents, des traitements, des symptômes et des mesures précédentes.
La pression artérielle (PA) correspond à la pression exercée par le sang sur la paroi des artères. Elle dépend principalement du débit cardiaque et des résistances vasculaires périphériques.
Elle s’exprime en millimètres de mercure (mmHg).
À fréquence cardiaque normale, la PAM peut être estimée par la formule :
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| Valeur indicative au repos | 120/80 mmHg |
| Hypotension artérielle | Généralement PAS < 90 mmHg |
| Hypertension artérielle en consultation | PAS ≥ 140 mmHg et/ou PAD ≥ 90 mmHg |
Une mesure isolée élevée ne suffit pas à diagnostiquer une hypertension artérielle chronique.
La pression artérielle augmente progressivement avec l'âge. Son interprétation dépend également du sexe et de la taille.
| Âge | PAS médiane indicative |
|---|---|
| 1 mois | 75 mmHg |
| 1 an | 95 mmHg |
| 5 ans | 100 mmHg |
| 10 ans | 110 mmHg |
Repères de pression artérielle systolique issus des données pédiatriques reprises dans l'annexe 5 du référentiel HAS 2025 sur le sepsis. Ces valeurs médianes ne sont pas des seuils d'hypotension.
La mesure doit être réalisée avec un brassard adapté à la circonférence du bras, idéalement après quelques minutes de repos, le bras soutenu à hauteur du cœur.
La pression artérielle varie notamment selon l’activité physique, la douleur, le stress, la position et les traitements.
Une valeur inhabituelle doit être confrontée aux mesures précédentes et aux signes cliniques associés : vertiges, malaise, céphalées, troubles visuels ou signes de mauvaise perfusion.
La fréquence cardiaque (FC) correspond au nombre de battements cardiaques par minute. Elle s’exprime en battements par minute (bpm).
Elle peut être mesurée par palpation d’un pouls périphérique, auscultation ou monitorage cardiaque.
La fréquence cardiaque est physiologiquement plus élevée chez le nourrisson et diminue progressivement avec l'âge.
| Âge | Fréquence cardiaque |
|---|---|
| 1 mois | 110–180 bpm |
| 1 an | 100–170 bpm |
| 2 ans | 90–160 bpm |
| 5 ans | 70–140 bpm |
| 10 ans | 60–120 bpm |
| Adulte | 60–100 bpm |
Repères pédiatriques repris de l'annexe 5 du référentiel HAS 2025 sur le sepsis. Ils correspondent à des âges de référence et doivent être interprétés selon l'état clinique.
Une bradycardie peut être physiologique chez une personne sportive ou pendant le sommeil. Une tachycardie peut survenir lors d'un effort, d'une douleur, d'une fièvre, d'un stress ou d'une hypovolémie.
L’évaluation du pouls ne se limite pas à sa fréquence. Elle comprend également :
Le pouls radial est fréquemment utilisé pour mesurer la fréquence cardiaque. En cas d’irrégularité, les pulsations doivent être comptées sur une minute.
Une anomalie doit être interprétée selon le contexte clinique et les signes associés, notamment une hypotension, une dyspnée, une douleur thoracique ou un malaise.
La saturation en oxygène correspond au pourcentage d’hémoglobine liée à l’oxygène dans le sang.
Il convient de distinguer :
La SpO₂ est généralement mesurée à l’aide d’un capteur placé au doigt, mais d’autres sites peuvent être utilisés.
Chez l'adulte sain en air ambiant, la SpO₂ se situe généralement entre 95 et 100 %.
| Situation clinique | Objectif de SpO₂ |
|---|---|
| Patient sans risque d'insuffisance respiratoire hypercapnique | 94–98 % |
| Patient à risque d'insuffisance respiratoire hypercapnique | 88–92 %, selon le contexte et les prescriptions. |
Ces valeurs sont des objectifs thérapeutiques, et non des normes physiologiques.
Chez l'enfant, la SpO₂ habituelle est généralement comparable à celle de l'adulte après la période de transition néonatale. Les nouveau-nés immédiatement après la naissance présentent une augmentation progressive de leur saturation, avec des objectifs spécifiques.
La fiabilité de l’oxymètre peut être altérée par :
La précision de certains oxymètres peut également être moindre chez les personnes présentant une pigmentation cutanée foncée, avec un risque de surestimation de la saturation.
Une SpO₂ normale n’exclut pas une détresse respiratoire, notamment lorsqu’il existe un trouble de la ventilation.
La saturation doit toujours être interprétée avec la fréquence respiratoire, les signes de lutte, la coloration cutanée et l’état de conscience.
Une désaturation inhabituelle nécessite de vérifier la qualité du signal et d’évaluer rapidement l’état respiratoire, sans retarder l’alerte devant des signes de gravité.
La fréquence respiratoire (FR) correspond au nombre de cycles respiratoires par minute. Un cycle comprend une inspiration et une expiration.
Elle s’exprime en cycles par minute.
La fréquence respiratoire est physiologiquement plus élevée chez le nourrisson et diminue progressivement avec l'âge.
| Âge | Fréquence respiratoire |
|---|---|
| 1 mois | 25–60/min |
| 1 an | 20–50/min |
| 2 ans | 18–40/min |
| 5 ans | 17–30/min |
| 10 ans | 14–25/min |
| Adulte | 12–20/min |
Repères pédiatriques repris de l'annexe 5 du référentiel HAS 2025 sur le sepsis. Ils correspondent à des âges de référence et doivent être interprétés selon le contexte clinique.
L’évaluation respiratoire comprend également l’observation :
La fréquence respiratoire se mesure en observant les mouvements thoraciques ou abdominaux, idéalement sans attirer l’attention du patient sur sa respiration.
Le comptage sur une minute permet une mesure plus fiable, particulièrement lorsque le rythme est irrégulier.
Une modification de la fréquence respiratoire peut constituer un signe précoce de dégradation clinique, parfois avant l’apparition d’une désaturation.
La température corporelle résulte de l’équilibre entre la production et les pertes de chaleur de l’organisme.
Elle varie selon l’âge, le moment de la journée, l’activité physique, l’environnement et le site de mesure.
Elle s’exprime en degrés Celsius (°C).
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| Température habituelle | Environ 36,5–37,5 °C |
| Fièvre | Généralement ≥ 38 °C |
| Hypothermie | Température centrale < 35 °C |
Les valeurs doivent être interprétées selon la méthode de mesure utilisée.
La température peut être mesurée par différentes voies :
La température doit être interprétée en recherchant les signes associés : frissons, sueurs, altération de l’état général ou signes infectieux.
Une température normale n’exclut pas une infection, notamment chez la personne âgée ou immunodéprimée.
La glycémie correspond à la concentration de glucose dans le sang.
Elle s’exprime en grammes par litre (g/L) ou en millimoles par litre (mmol/L).
Elle peut être mesurée à partir d’un prélèvement veineux ou par glycémie capillaire à l’aide d’un lecteur adapté.
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| Glycémie à jeun habituelle | Environ 0,70–1,10 g/L |
| Seuil d'alerte hypoglycémique chez le patient diabétique | < 0,70 g/L (3,9 mmol/L) |
| Hypoglycémie cliniquement significative chez le patient diabétique | < 0,54 g/L (3,0 mmol/L) |
| Hyperglycémie modérée à jeun | 1,10–1,25 g/L |
| Seuil diagnostique de diabète à jeun | ≥ 1,26 g/L (7,0 mmol/L), à confirmer selon les critères diagnostiques |
Une glycémie supérieure à 1,10 g/L après un repas n'est pas nécessairement pathologique. Son interprétation dépend du moment de la mesure et du contexte clinique.
Chez le nouveau-né, les valeurs et les seuils d'intervention sont spécifiques et dépendent notamment de l'âge postnatal et des facteurs de risque.
L’hypoglycémie peut se manifester par :
Une hypoglycémie sévère se caractérise par la nécessité d’une assistance pour sa prise en charge, indépendamment de la valeur glycémique.
L’hyperglycémie peut notamment s’accompagner d’une soif importante, d’une augmentation de la diurèse, d’une fatigue ou de signes de décompensation métabolique.
La glycémie doit être interprétée selon les repas, les traitements, les antécédents et les symptômes du patient.
Lors d’une mesure capillaire, les mains doivent être propres et sèches afin de limiter les erreurs de mesure.
Une hypoglycémie suspectée ou confirmée nécessite une prise en charge rapide, adaptée à l’état de conscience et à la capacité de déglutition du patient.
La diurèse correspond au volume d’urines émises pendant une période déterminée.
Elle constitue un indicateur de la fonction rénale, de la perfusion rénale et de l’équilibre hydrique.
Elle s’exprime en millilitres par 24 heures (mL/24 h) ou en millilitres par kilogramme et par heure (mL/kg/h).
Chez l'adulte, la diurèse quotidienne est généralement comprise entre 1 et 2 litres par 24 heures, selon les apports hydriques et les pertes.
| Paramètre | Valeur |
|---|---|
| Diurèse horaire usuelle | Environ 0,5–1 mL/kg/h |
| Oligurie | < 500 mL/24 h |
| Anurie | Absence ou quasi-absence d'urines, généralement < 100 mL/24 h |
| Polyurie | > 3 L/24 h |
Chez l'enfant, la diurèse doit être interprétée selon l'âge et le poids.
À titre de repère, certains protocoles de surveillance pédiatrique utilisent un objectif supérieur à 1 mL/kg/h chez l'enfant, et supérieur à 0,5 mL/kg/h chez l'adolescent. Ces valeurs dépendent du contexte clinique et ne constituent pas des normes universelles.
La diurèse horaire rapportée au poids se calcule selon la formule :
Un patient de 70 kg présente une diurèse de 210 mL sur 6 heures.
Une diurèse inférieure à 0,5 mL/kg/h pendant au moins 6 heures constitue notamment un critère d'insuffisance rénale aiguë.
La surveillance porte sur le volume, la fréquence et l’aspect des urines, ainsi que sur les apports et les pertes hydriques.
Une diminution de la diurèse peut notamment être liée à une déshydratation, une hypovolémie, une altération de la fonction rénale ou un obstacle à l’écoulement des urines.
En présence d’une sonde urinaire, il convient également de vérifier l’absence de coudure ou d’obstruction du système de drainage.
Une diurèse très faible ou absente nécessite une évaluation rapide et une alerte adaptée à la situation clinique.