Concept d’asepsie

SOMMAIRE

Julie VIOLET
Auteure de la fiche · En savoir plus →
Dernière mise à jour : 25/08/2026

I. Généralités

L’asepsie est l’ensemble des mesures visant à empêcher l’introduction ou la transmission de micro-organismes dans une zone, un dispositif, une plaie ou l’organisme du patient. Elle vise donc à prévenir la contamination, en particulier lors des actes invasifs.

Elle est essentielle lors des injections, poses et manipulations de cathéters, soins de plaies, actes chirurgicaux et autres procédures invasives.

La contamination peut provenir :

Flore du patient Micro-organismes propres au patient
Mains des professionnels Transmission lors des soins et manipulations
Matériel Dispositifs ou équipements contaminés
Environnement Surfaces et environnement de soins

II. Définitions essentielles

Asepsie

Ensemble des mesures préventives destinées à empêcher l’introduction ou la transmission de micro-organismes.

Principe : éviter la contamination.
Antisepsie

Opération réalisée sur des tissus vivants afin d’éliminer ou de réduire les micro-organismes présents au moment de l’intervention.

Son effet est temporaire.
Antiseptique

Produit utilisé sur les tissus vivants pour réaliser une antisepsie.

Son activité antimicrobienne et son spectre d’action dépendent du produit utilisé.

Désinfectant

Produit utilisé pour la désinfection des surfaces, matériels ou dispositifs inertes.

Désinfection

Opération destinée à éliminer ou réduire les micro-organismes présents sur un milieu inerte contaminé, selon les objectifs fixés.

Stérilisation

Procédé permettant d’éliminer l’ensemble des micro-organismes viables, y compris les formes sporulées.

Elle s’applique aux dispositifs médicaux qui doivent être utilisés stériles.

III. Principes de l’asepsie

L’asepsie repose sur plusieurs mesures complémentaires destinées à prévenir la contamination au cours des soins :

  • Hygiène des mains : privilégier la friction hydroalcoolique lorsque les mains sont visiblement propres ; réaliser un lavage à l’eau et au savon lorsqu’elles sont visiblement souillées.
  • Technique aseptique sans contact : éviter de toucher les parties du matériel ou du site qui doivent rester aseptiques.
  • Matériel adapté au niveau d’asepsie requis : utiliser du matériel stérile lorsque le geste nécessite le maintien de la stérilité, par exemple lorsqu’il entre en contact avec un tissu ou un site normalement stérile.
  • Antisepsie : réaliser une préparation antiseptique de la peau ou des muqueuses lorsqu’elle est indiquée.
  • Équipements de protection individuelle : utiliser les équipements adaptés au risque et au soin réalisé.
  • Organisation du soin : préparer le matériel nécessaire en amont, limiter les interruptions et organiser le soin afin d’éviter les contaminations.
  • Gestion du propre et du sale : séparer le matériel propre du matériel souillé et respecter une progression du propre vers le sale lorsque le soin le permet.
  • Environnement : utiliser des surfaces propres et du matériel correctement nettoyé, désinfecté ou stérilisé en fonction de son utilisation.
  • Gestion des déchets : éliminer le matériel utilisé dans les filières adaptées et les objets perforants dans les collecteurs prévus à cet effet.

 

Les précautions standard constituent le socle de la prévention de la transmission croisée des micro-organismes. Elles s’appliquent à tout patient, pour tout soin, dans tout lieu de soins et par tout professionnel de santé.

IV. Asepsie au cours d’un soin

La réalisation d’un soin aseptique nécessite une organisation rigoureuse afin d’éviter la contamination du matériel, du dispositif médical ou du site concerné.

 

Avant le soin
  • réaliser une hygiène des mains adaptée ;
  • préparer uniquement le matériel nécessaire ;
  • vérifier l’intégrité des emballages et les dates de péremption du matériel stérile ;
  • préparer une zone de travail propre ;
  • organiser le matériel en séparant le propre du sale ;
  • limiter les interruptions et les déplacements inutiles pendant le soin.

 

Pendant le soin

Il faut éviter tout contact entre un élément qui doit rester aseptique et une source potentiellement contaminée.

Lorsqu’une technique sans contact est possible, il convient d’éviter de toucher les parties du matériel qui doivent rester aseptiques, comme les connexions ou les extrémités destinées à entrer en contact avec un site ou un dispositif invasif.

Le port de gants ne remplace jamais l’hygiène des mains. Le type de gants et leur caractère stérile ou non dépendent du soin réalisé.

 

Après le soin
  • éliminer le matériel utilisé dans les filières adaptées ;
  • retirer les équipements de protection individuelle selon les règles ;
  • réaliser une hygiène des mains ;
  • nettoyer et désinfecter le matériel et l’environnement lorsque cela est nécessaire.
Rupture d’asepsie

Une rupture d’asepsie correspond à la contamination d’un élément qui devait rester aseptique.

Elle peut survenir lorsqu’un matériel stérile entre en contact avec une surface non stérile, lorsqu’une connexion est touchée ou lorsqu’un site préalablement désinfecté est contaminé avant le geste.

Conduite à tenir : remplacer le matériel contaminé et rétablir les conditions d’asepsie avant de poursuivre le soin.

V. Antisepsie de la peau saine

L’antisepsie cutanée vise à réduire la quantité de micro-organismes présents sur la peau avant certains gestes, en particulier les gestes invasifs.

Chez l’adulte, avant un geste invasif sur peau saine, une solution antiseptique alcoolique est recommandée plutôt qu’une solution aqueuse.

 

Peau propre

Lorsque la peau est visiblement propre, un nettoyage préalable n’est pas nécessaire.

L’antiseptique est appliqué selon les modalités adaptées au geste réalisé. Il faut ensuite attendre son séchage spontané complet avant de réaliser le geste invasif.

 

Peau visiblement souillée

Lorsque la peau est visiblement souillée, un nettoyage préalable au savon doux est réalisé avant l’antisepsie.

La peau doit être propre et sèche avant l’application de l’antiseptique.

Recommandation SF2H

Le nettoyage de la peau avec un savon doux avant antisepsie est recommandé uniquement en cas de souillure visible.

Quel que soit l’objectif de l’antisepsie, les règles d’utilisation de l’antiseptique préconisées par le fabricant doivent être respectées. Son séchage spontané complet doit être attendu avant de débuter le geste invasif.

VI. Principaux antiseptiques

Les antiseptiques se distinguent par leur principe actif et leur formulation, alcoolique ou aqueuse.

 

Antiseptiques alcooliques

Ils associent un principe actif antiseptique à une solution alcoolique.

Exemples :

  • chlorhexidine alcoolique ;
  • povidone iodée alcoolique.

 

Les formulations alcooliques sont privilégiées pour l’antisepsie de la peau saine avant de nombreux gestes invasifs chez l’adulte.

 

Antiseptiques aqueux

Ils ne contiennent pas d’alcool.

Exemples :

  • povidone iodée aqueuse ;
  • solutions chlorées ;
  • chlorhexidine aqueuse.

 

Le choix de l’antiseptique dépend du geste, du site d’application, de l’âge du patient, des contre-indications et des protocoles en vigueur.

VII. Bonnes pratiques d’utilisation des antiseptiques

L’efficacité d’un antiseptique dépend du produit choisi, mais aussi de son utilisation correcte.

Il faut :

  • respecter les indications et les contre-indications du produit ;
  • respecter la concentration et les modalités d’utilisation recommandées ;
  • respecter le temps d’action nécessaire ;
  • attendre le séchage spontané complet de l’antiseptique ;
  • ne pas essuyer l’antiseptique après son application ;
  • ne pas mélanger différents antiseptiques ;
  • respecter les conditions de conservation et la durée d’utilisation après ouverture ;
  • éviter toute contamination du conditionnement ;
  • respecter les précautions particulières liées au site d’application et au patient.

 

Le choix et l’utilisation d’un antiseptique doivent respecter les recommandations en vigueur, les instructions du fabricant et les protocoles de l’établissement.

Pour résumer

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