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UE B.1 · Sciences biomédicales

Système tégumentaire

Comprendre l’anatomie et les fonctions de la peau : épiderme, derme, hypoderme, annexes cutanées, vieillissement cutané et applications en soins infirmiers.

SOMMAIRE

Julie VIOLET
Auteure de la fiche · En savoir plus →
Dernière mise à jour : 11/10/2026
Sources
Anatomy, Skin (Integument) ↗ StatPearls — NCBI Bookshelf
Anatomy, Skin (Integument), Epidermis ↗ StatPearls — NCBI Bookshelf
Anatomy, Skin, Sudoriferous Gland ↗ StatPearls — NCBI Bookshelf
La peau, un organe multifonction ↗ Dermato-Info — Société française de dermatologie

I. Généralités

Le système tégumentaire correspond à l’ensemble formé par la peau et ses annexes cutanées : poils, cheveux, ongles et glandes.

La peau est le plus grand organe du corps humain en superficie. Elle recouvre l’ensemble du corps et constitue une barrière protectrice entre l’organisme et le milieu extérieur. Au niveau des orifices naturels, elle se prolonge par les muqueuses.

Chez l’adulte, elle présente les caractéristiques suivantes :

1,5 à 2 m²
Superficie chez l'adulte
Variable
Épaisseur selon les régions du corps
Légèrement acide
pH de surface participant à la protection cutanée

La peau et les tissus sous-cutanés s’organisent en trois niveaux anatomiques, de la superficie vers la profondeur :

  • L’épiderme : couche superficielle de la peau, assurant principalement une fonction de barrière protectrice.
  • Le derme : couche profonde de la peau, assurant notamment son soutien, sa résistance et sa vascularisation.
  • L’hypoderme : tissu sous-cutané situé sous le derme, principalement constitué de tissu conjonctif et de tissu adipeux.

II. Fonctions de la peau

La peau assure plusieurs fonctions essentielles au maintien de l’homéostasie.

 

Protection

La peau constitue une barrière contre les agressions mécaniques, chimiques et microbiennes.

La couche cornée, les lipides épidermiques, le pH légèrement acide et le microbiote cutané participent à cette protection.

Elle limite également les pertes en eau et contribue à la protection contre les rayonnements ultraviolets grâce à la mélanine.

 

Thermorégulation

La peau participe à la régulation de la température corporelle grâce à plusieurs mécanismes.

Vasodilatation cutanée

Augmentation du diamètre des vaisseaux cutanés, favorisant les pertes de chaleur.

Vasoconstriction cutanée

Diminution du diamètre des vaisseaux cutanés, limitant les pertes de chaleur.

Sudation

Production de sueur dont l'évaporation permet le refroidissement de l'organisme.

Ces mécanismes sont principalement régulés par l’hypothalamus.

 

Sensibilité

La peau contient des terminaisons nerveuses et des récepteurs sensoriels permettant de percevoir :

  • le toucher et la pression ;
  • les vibrations ;
  • la température ;
  • la douleur.

 

Immunité

La peau participe aux défenses immunitaires de l’organisme grâce à sa fonction de barrière et à la présence de cellules immunitaires, notamment les cellules de Langerhans.

 

Synthèse de vitamine D

Sous l’action des rayonnements UVB, la peau permet la synthèse de vitamine D3.

Cette vitamine est ensuite transformée par le foie et les reins pour devenir biologiquement active. Elle intervient notamment dans le métabolisme du calcium et du phosphore.

 

Fonction psychosociale

La peau participe à l’image corporelle et aux relations avec autrui.

Elle intervient notamment dans la communication non verbale, à travers le toucher, la rougeur cutanée ou la sudation liée aux émotions.

III. Épiderme

L’épiderme est la couche la plus superficielle de la peau.

Il est constitué d’un épithélium pavimenteux stratifié kératinisé.

Il est avasculaire : il ne contient pas de vaisseaux sanguins et reçoit ses nutriments par diffusion depuis le derme.

Il contient cependant des terminaisons nerveuses libres participant à la sensibilité cutanée.

 

Les couches de l’épiderme

L’épiderme comprend quatre couches principales, auxquelles s’ajoute une cinquième couche dans la peau épaisse des paumes et des plantes.

DE LA SUPERFICIE VERS LA PROFONDEUR

Les couches de l'épiderme

01 Couche cornée
Constituée de cellules mortes kératinisées appelées cornéocytes. Assure la protection et limite les pertes en eau.
02 Couche claire
Présente uniquement dans la peau épaisse, notamment au niveau des paumes et des plantes.
03 Couche granuleuse
Participe à la kératinisation et à la formation de la barrière cutanée.
04 Couche épineuse
Assure la cohésion et la résistance mécanique de l'épiderme grâce aux jonctions entre les kératinocytes.
05 Couche basale
Contient des kératinocytes capables de se diviser. Assure le renouvellement épidermique.
À noter : la couche claire est absente de la peau fine, qui comporte donc quatre couches épidermiques.

Les kératinocytes sont produits dans la couche basale, migrent progressivement vers la surface et se différencient avant d’être éliminés par desquamation.

Ce renouvellement épidermique est continu.

 

Les cellules de l’épiderme

Kératinocytes : constituent la majorité des cellules de l’épiderme. Ils produisent notamment de la kératine et participent à la résistance mécanique ainsi qu’à la fonction de barrière cutanée.

Mélanocytes : principalement situés dans la couche basale. Ils synthétisent la mélanine, un pigment responsable de la coloration cutanée et participant à la protection contre les rayonnements ultraviolets.

Cellules de Langerhans : cellules immunitaires participant à la surveillance et aux défenses immunitaires cutanées.

Cellules de Merkel : associées à des terminaisons nerveuses sensitives et participent à la perception du toucher fin.

IV. Derme

Le derme est la couche de tissu conjonctif située sous l’épiderme.

Contrairement à l’épiderme, il est vascularisé et innervé. Il assure le soutien mécanique de la peau et participe à sa nutrition, à sa sensibilité et à sa réparation.

Il contient notamment :

  • des fibres de collagène, qui assurent la résistance mécanique ;
  • des fibres d’élastine, qui contribuent à l’élasticité cutanée ;
  • une substance fondamentale, participant notamment à l’hydratation des tissus ;
  • des fibroblastes, responsables de la synthèse des constituants de la matrice extracellulaire ;
  • des cellules immunitaires, notamment des macrophages et des mastocytes.

 

Le derme contient également des vaisseaux sanguins et lymphatiques, des nerfs, des récepteurs sensoriels, des follicules pileux et des glandes cutanées.

 

Les deux couches du derme
01 SUPERFICIEL
Derme papillaire

Couche superficielle constituée de tissu conjonctif lâche. Elle contient notamment des capillaires sanguins et des structures nerveuses.

02 PROFOND
Derme réticulaire

Couche profonde constituée de tissu conjonctif dense, riche en fibres de collagène et d'élastine. Elle assure une grande partie de la résistance et de la souplesse de la peau.

Rôles du derme

Le derme assure plusieurs fonctions :

  • Soutien et résistance : maintien de la structure et de la solidité de la peau.
  • Nutrition de l’épiderme : apport de nutriments par diffusion depuis les capillaires dermiques.
  • Sensibilité cutanée : présence de structures nerveuses participant à la perception des stimuli.
  • Réparation tissulaire : participation à la cicatrisation, notamment grâce à l’activité des fibroblastes.

V. Hypoderme

L’hypoderme est la couche sous-cutanée située sous le derme. Il ne fait pas partie de la peau au sens strict, mais assure la liaison entre celle-ci et les structures sous-jacentes.

Il est principalement constitué de tissu conjonctif lâche et de tissu adipeux, contenant des adipocytes, des vaisseaux sanguins et des nerfs.

Son épaisseur varie selon les régions du corps, l’âge et la composition corporelle.

 

Rôles de l’hypoderme

L’hypoderme assure plusieurs fonctions :

  • Réserve énergétique : stockage des lipides sous forme de triglycérides dans les adipocytes.
  • Isolation thermique : limitation des pertes de chaleur.
  • Protection mécanique : amortissement des chocs et des pressions.
  • Mobilité cutanée : fixation souple de la peau aux structures sous-jacentes, permettant son glissement.

VI. Annexes cutanées

Les annexes cutanées sont des structures associées à la peau, principalement issues de l’épiderme. Elles comprennent les phanères (poils, cheveux et ongles) et les glandes cutanées.

 

Les poils et les cheveux

Les poils et les cheveux sont des structures kératinisées produites par les follicules pileux, situés dans le derme et pouvant s’étendre jusqu’à l’hypoderme.

Chaque poil comprend :

  • une tige pilaire, partie visible à la surface de la peau ;
  • une racine, située dans le follicule pileux ;
  • un bulbe pileux, à la base du follicule, contenant notamment les cellules responsables de la croissance du poil.

 

Les poils participent à la protection et à la sensibilité cutanée. Les cils et les poils du nez contribuent notamment à limiter la pénétration de particules étrangères.

 

Les ongles

Les ongles sont des structures constituées principalement de kératine dure, situées à l’extrémité des doigts et des orteils.

Ils comprennent notamment :

  • la tablette unguéale, partie dure et visible de l’ongle ;
  • la matrice unguéale, responsable de la croissance de l’ongle ;
  • le lit unguéal, tissu situé sous la tablette unguéale.

 

Les ongles protègent l’extrémité des doigts et des orteils et facilitent les gestes de précision, notamment la préhension fine.

 

Les glandes cutanées

Les glandes cutanées produisent différentes sécrétions participant à la protection et au fonctionnement de la peau.

ANNEXES CUTANÉES

Les principales glandes de la peau

01

Glandes sébacées

SÉCRÉTION Sébum

Produisent une substance lipidique qui participe à la lubrification et à la protection de la peau et des poils.

Généralement associées aux follicules pileux.
02

Glandes sudoripares eccrines

SÉCRÉTION Sueur aqueuse

Produisent une sueur principalement composée d'eau et d'électrolytes. Son évaporation participe à la thermorégulation.

Réparties sur une grande partie du corps. Leur canal s'ouvre directement à la surface cutanée.
03

Glandes sudoripares apocrines

SÉCRÉTION Sécrétion riche en composés organiques

Leur activité devient importante à partir de la puberté. La dégradation bactérienne de leurs sécrétions contribue aux odeurs corporelles.

Présentes notamment aux aisselles et dans la région anogénitale. Elles débouchent généralement dans un follicule pileux.
Autres glandes spécialisées

Certaines glandes présentent des fonctions particulières :

  • les glandes cérumineuses, situées dans le conduit auditif externe, participent à la production du cérumen ;
  • les glandes mammaires, qui sont des glandes cutanées spécialisées, assurent la production du lait.

VII. Vieillissement cutané

Le vieillissement cutané correspond aux modifications progressives de la structure et des fonctions de la peau au cours de la vie.

Il résulte du vieillissement naturel et de facteurs environnementaux, notamment l’exposition aux rayonnements ultraviolets.

Avec l’âge, plusieurs modifications apparaissent :

  • Au niveau de l’épiderme : ralentissement du renouvellement cellulaire et diminution des capacités de réparation.
  • Au niveau du derme : modifications des fibres de collagène et d’élastine, entraînant une diminution de la résistance et de l’élasticité cutanées.
  • Au niveau de l’hypoderme : modification de la répartition du tissu adipeux sous-cutané.
  • Au niveau des glandes cutanées : diminution de certaines sécrétions, favorisant notamment la sécheresse cutanée.

 

Ces modifications peuvent entraîner une fragilité cutanée accrue, une cicatrisation plus lente et une plus grande sensibilité aux agressions extérieures.

VIII. Applications en soins infirmiers

La connaissance du système tégumentaire est essentielle à la pratique infirmière, notamment pour la surveillance de l’état cutané, la prévention des lésions et l’administration de certains traitements.

 

Surveillance de l’état cutané

L’observation de la peau fait partie de l’évaluation clinique du patient.

Elle porte notamment sur :

  • La coloration : pâleur, cyanose, rougeur ou coloration inhabituelle.
  • La température : peau chaude ou froide, modification localisée.
  • L’hydratation : sécheresse cutanée, macération.
  • L’intégrité cutanée : plaies, fissures, lésions ou altérations de la peau.
  • La présence d’anomalies : œdème, éruption, hématome ou rougeur persistante.
  • La sensibilité : douleur, démangeaisons ou troubles sensitifs.

 

Toute modification doit être évaluée en fonction du contexte clinique et faire l’objet de transmissions adaptées.

 

Prévention des lésions cutanées

Les soins infirmiers contribuent à préserver l’intégrité de la peau, notamment chez les patients âgés, immobilisés ou présentant des facteurs de risque.

Les principales mesures comprennent :

  • la surveillance régulière des zones d’appui ;
  • la prévention des pressions prolongées, des frottements et du cisaillement ;
  • l’utilisation de supports adaptés et l’aide aux changements de position selon les besoins ;
  • une hygiène cutanée adaptée, en évitant la macération et le dessèchement ;
  • la surveillance de l’état nutritionnel et des apports hydriques.

 

Administration des traitements

La structure de la peau détermine les modalités d’administration de certains médicaments.

APPLICATIONS EN SOINS INFIRMIERS

Les voies d'administration à travers la peau

01

Voie intradermique

ZONE CIBLE Derme

Administration d'un produit par injection dans le derme, immédiatement sous l'épiderme.

Exemple : intradermoréaction à la tuberculine.
02

Voie sous-cutanée

ZONE CIBLE Hypoderme

Administration d'un médicament par injection dans le tissu sous-cutané, riche en tissu adipeux.

Exemples : insuline, certaines héparines.
03

Voie transdermique

PRINCIPE Passage à travers la peau

Administration d'un médicament qui traverse la barrière cutanée pour rejoindre la circulation générale.

Exemples : patchs de nicotine, de fentanyl.
À distinguer : l'application topique vise principalement une action locale, tandis que la voie transdermique recherche un effet systémique.

Pour résumer

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