Habillage professionnel et équipements de protection individuelle

Habillage professionnel et équipements de protection individuelle

Sources

Précautions standard et prévention du risque infectieux sur sf2h.net

Recommandations de pratiques professionnelles tenue vestimentaire au bloc opératoire sur sf2h.net

Protection individuelle sur inrs.fr

Julie VIOLET

Mis à jour le 09/08/2026

À retenir
Les points essentiels du cours
Tenue professionnelle ≠ EPI. - Avant-bras dégagés + ongles courts sans vernis ni faux ongles + aucun bijou aux mains et poignets. - Les EPI sont choisis selon le risque lié au soin et non uniquement selon le diagnostic du patient. - Les gants ne remplacent jamais l'hygiène des mains et ne sont pas nécessaires pour tous les soins. - La surface externe d'un EPI utilisé peut être contaminée : son retrait doit éviter l'auto-contamination. - Après le retrait des EPI → hygiène des mains.

I. Principes généraux

L’habillage professionnel participe à la prévention des infections associées aux soins (IAS) et à la protection des professionnels et des personnes soignées.

Au cours des soins, des micro-organismes peuvent être transmis :

  • du patient vers le soignant ;
  • du soignant vers le patient ;
  • d’un patient à un autre ;
  • entre le patient et son environnement.

 

La transmission croisée correspond à la transmission de micro-organismes d’une personne à une autre, directement ou indirectement, notamment par les mains, le matériel ou l’environnement.

La prévention du risque infectieux repose notamment sur :

  • une hygiène corporelle adaptée ;
  • une tenue professionnelle propre et adaptée ;
  • une hygiène des mains rigoureuse ;
  • l’utilisation d’équipements de protection individuelle (EPI) adaptés au risque.

 

Tenue professionnelle ≠ EPI

La tenue professionnelle constitue la tenue habituelle portée pendant l’activité professionnelle.

Les EPI sont ajoutés temporairement lorsqu’une situation expose le professionnel à un risque : contact avec du sang ou des liquides biologiques, projections, exposition respiratoire, produits dangereux…

Les EPI complètent la tenue professionnelle : ils ne la remplacent pas.

 

 

II. Prérequis à la tenue professionnelle

Certaines règles permettent de limiter la contamination et surtout de garantir une hygiène des mains efficace.

 

Hygiène corporelle

Une hygiène corporelle quotidienne est indispensable.

Les cheveux doivent être propres et attachés s’ils sont longs, afin d’éviter leur contact avec le patient, le matériel ou une zone de soin.

 

Mains et avant-bras

Pendant les soins :

  • avant-bras dégagés ;
  • ongles courts et propres ;
  • absence de vernis, même transparent ;
  • absence de faux ongles ou de résine ;
  • absence de bijoux aux mains et aux poignets : bagues, alliance, bracelets, montre.

 

Les bijoux, faux ongles ou ongles longs peuvent favoriser la persistance de micro-organismes et/ou gêner la réalisation correcte de l’hygiène des mains.

Avant-bras dégagés = manches courtes + absence de montre et de bijoux aux poignets.

L’hygiène des mains doit être réalisée aux moments indiqués au cours des soins. Elle reste indispensable, y compris lorsqu’un port de gants est prévu.

 

 

III. Tenue professionnelle

La tenue professionnelle remplace les vêtements de ville pendant l’activité de soins.

Selon l’établissement et le secteur, elle comprend généralement :

  • une tunique ou un haut professionnel à manches courtes ;
  • un pantalon ;
  • des chaussures adaptées.

 

Elle permet :

  • de disposer d’une tenue adaptée à la réalisation des soins ;
  • de limiter la contamination des vêtements personnels ;
  • de participer à la maîtrise du risque infectieux ;
  • d’identifier les professionnels selon l’organisation de l’établissement.

 

Quand la mettre ?

La tenue professionnelle est revêtue dans le vestiaire, avant la prise de poste.

Elle doit être :

  • propre ;
  • adaptée à la morphologie et à l’activité ;
  • changée selon les procédures de l’établissement et dès qu’elle est souillée ;
  • retirée après l’activité professionnelle ;
  • déposée dans le circuit prévu pour le linge utilisé.

 

Lorsque son entretien est organisé par l’établissement, la tenue ne doit pas être rapportée au domicile pour être lavée.

 

Attention aux poches

Les poches doivent contenir uniquement le matériel nécessaire à l’activité.

Les objets fréquemment manipulés peuvent être contaminés et participer à la transmission de micro-organismes.

Il faut donc limiter :

  • le téléphone personnel ;
  • les clés et objets personnels ;
  • la nourriture ;
  • l’accumulation de matériel inutile.

 

Le matériel réutilisable doit être entretenu selon les procédures adaptées.

La tenue professionnelle n’est pas un équipement de protection individuelle.
Elle ne suffit pas lorsqu’il existe un risque de projection ou de contact avec du sang, des liquides biologiques ou d’autres produits potentiellement dangereux.

 

 

IV. Chaussures professionnelles

Les chaussures doivent être adaptées à l’activité et aux risques du secteur.

Leur choix prend notamment en compte :

Sécurité – stabilité – confort – hygiène – ergonomie

Elles doivent être :

  • stables et suffisamment maintenues ;
  • adaptées aux déplacements et à la station debout prolongée ;
  • antidérapantes lorsque l’activité le nécessite ;
  • facilement nettoyables ;
  • adaptées aux risques professionnels rencontrés.

 

Elles doivent être entretenues régulièrement et nettoyées rapidement en cas de souillure.

Certains secteurs peuvent imposer des chaussures dédiées et des modalités particulières d’entretien.

 

 

V. Équipements de protection individuelle : quand les porter ?

Un équipement de protection individuelle (EPI) est un équipement destiné à protéger le professionnel contre un ou plusieurs risques susceptibles de menacer sa santé ou sa sécurité.

Dans les soins, les EPI permettent notamment de protéger contre :

  • le sang ;
  • les liquides biologiques ;
  • les sécrétions et excrétions ;
  • les projections vers la peau ou les muqueuses ;
  • certains micro-organismes ;
  • certains produits chimiques ou médicaments dangereux.

 

Les principaux équipements rencontrés dans les soins sont :

  • les gants ;
  • le tablier plastique à usage unique ;
  • la surblouse ;
  • les lunettes de protection ou la visière ;
  • les appareils de protection respiratoire, notamment le FFP2.

 

Le masque chirurgical peut également participer à la protection du professionnel contre certaines projections et à la prévention de la transmission respiratoire selon la situation.

 

Les EPI ne sont pas systématiques

Avant chaque soin, le professionnel doit réaliser une évaluation du risque.

Il doit se demander :

  • Quel soin vais-je réaliser ?
  • À quoi puis-je être exposé ?
  • Quelle partie de mon corps dois-je protéger ?
  • Quel EPI est nécessaire ?

 

Le choix des EPI dépend du risque lié au soin et à la situation, et pas uniquement du diagnostic du patient.

Un patient ne nécessite donc pas automatiquement le port de gants parce qu’il est porteur d’une infection.

 

 

VI. Choisir l’EPI selon le risque

EPIProtègeQuand ?Exemple
Gants à usage uniqueMainsRisque de contact avec sang, liquide biologique, muqueuse ou peau léséePrélèvement sanguin
Tablier plastiqueTenueSoin mouillant ou souillant, risque de projection sur la tenueToilette, change
SurblouseTenue et peauExposition plus importante ou selon certaines précautions complémentairesSoin avec risque de projection
Lunettes / visièreYeux +/- visageRisque de projection sur le visageSoin avec risque de projection
Masque chirurgicalNez et bouche +/- environnementRisque de projection / gouttelettes ou selon l’indicationCertaines situations de soins ou précautions complémentaires
FFP2Voies respiratoiresRisque de transmission par voie aérienne ou certaines situations exposant aux aérosolsPrécautions air

 

Focus : les gants

Les gants sont mis juste avant le geste qui nécessite leur utilisation et retirés dès la fin du geste.

Ils doivent être changés :

  • entre deux patients ;
  • lorsqu’ils sont détériorés ;
  • lorsque cela est nécessaire entre deux activités chez un même patient, notamment lors du passage d’un site contaminé à un site propre.

 

Les gants de soins à usage unique ne sont ni lavés, ni désinfectés, ni réutilisés.

Le port de gants ne remplace jamais l’hygiène des mains.

Les gants peuvent eux-mêmes devenir contaminés. Après un soin, il ne faut donc pas conserver les mêmes gants pour :

  • utiliser son téléphone ;
  • écrire sur un clavier ;
  • toucher une poignée de porte ;
  • prendre du matériel propre ;
  • poursuivre les soins auprès d’un autre patient.

 

Porter des gants lorsqu’ils ne sont pas indiqués n’améliore pas la sécurité et peut favoriser la contamination de l’environnement.

 

 

VII. Utilisation sécurisée des EPI

Un EPI n’est efficace que s’il est adapté au risque, correctement utilisé et correctement retiré.

 

Avant le soin

Le professionnel doit :

  1. évaluer le risque ;
  2. choisir les EPI nécessaires ;
  3. vérifier leur intégrité et choisir une taille adaptée ;
  4. réaliser l’hygiène des mains lorsqu’elle est indiquée ;
  5. mettre les EPI avant l’exposition au risque.

 

Pendant le soin

Il faut :

  • éviter de toucher inutilement les EPI ;
  • ne pas toucher son visage ;
  • éviter de contaminer inutilement l’environnement ;
  • changer les gants lorsque la situation l’impose ;
  • ne pas circuler inutilement avec des EPI contaminés.

 

Après le soin : prévenir l’auto-contamination

La surface externe d’un EPI utilisé doit être considérée comme potentiellement contaminée.

Lors du retrait :

  • éviter de toucher les surfaces contaminées ;
  • retirer les gants sans mettre leur face externe en contact avec la peau ;
  • manipuler le masque par ses attaches ou ses élastiques, sans toucher sa face avant ;
  • éliminer les EPI à usage unique dans la filière appropriée ;
  • nettoyer/désinfecter les équipements réutilisables selon les procédures.

 

Une hygiène des mains est réalisée après le retrait des EPI.

Un EPI peut donc protéger pendant le soin mais devenir une source de contamination s’il est mal utilisé ou mal retiré.

 

 

VIII. Situations particulières

Précautions complémentaires

Les précautions standard constituent le socle de la prévention du risque infectieux et s’appliquent à tous les patients.

Dans certaines situations, elles sont complétées par des précautions complémentaires adaptées au mode de transmission :

  • Contact : prévention de la transmission par contact direct ou indirect ;
  • Gouttelettes : prévention de la transmission par les gouttelettes respiratoires ;
  • Air : prévention de la transmission par voie aérienne.

 

Les EPI nécessaires sont alors adaptés au mode de transmission et au soin réalisé.

 

Bloc opératoire

Le bloc opératoire constitue un environnement maîtrisé avec des règles d’habillage spécifiques.

Selon les zones et l’activité, la tenue peut comprendre :

  • une tenue de bloc dédiée ;
  • une coiffe adaptée ;
  • un masque chirurgical selon les indications ;
  • des chaussures adaptées au secteur.

 

Pour les professionnels participant directement au champ opératoire, une préparation chirurgicale des mains, une casaque stérile et des gants stériles sont notamment nécessaires.

Les modalités précises d’habillage et de circulation dépendent des procédures du bloc opératoire.

 

Autres risques professionnels

Certains soins exposent à d’autres risques, notamment chimiques : manipulation de certains médicaments, produits désinfectants ou substances dangereuses.

Les EPI doivent alors être choisis spécifiquement en fonction du produit et du niveau d’exposition.

Pour résumer (carte mentale)

habillage professionnel et équipements de protection individuelle