SOMMAIRE

Julie VIOLET
Auteure de la fiche · En savoir plus →
Dernière mise à jour : 22/08/2026
Sources
Déterminants de la santé ↗ Organisation mondiale de la Santé (OMS)
Déterminants sociaux de la santé ↗ Organisation mondiale de la Santé (OMS), 2025
Littératie en santé ↗ Organisation mondiale de la Santé (OMS), 2025
Nouvelle perspective de la santé des Canadiens ↗ Marc Lalonde, 1974 — Gouvernement du Canada
Policies and Strategies to Promote Social Equity in Health Dahlgren & Whitehead, 1991 — Institute for Futures Studies

I. Définition

Les déterminants de la santé sont l’ensemble des facteurs personnels, sociaux, économiques et environnementaux qui influencent l’état de santé des individus ou des populations.

Ils peuvent avoir une influence :

positive : on parle notamment de facteur de protection ;
négative : on parle notamment de facteur de risque.

Les déterminants peuvent également être :

  • non modifiables : âge, certaines caractéristiques biologiques ou génétiques ;
  • modifiables : comportements, conditions de vie, environnement, accès aux soins…

 

Les déterminants de la santé sont multiples et interagissent entre eux. L’état de santé ne dépend donc pas uniquement des caractéristiques biologiques d’une personne ou de ses comportements individuels.

Parmi eux, les déterminants sociaux de la santé correspondent aux conditions dans lesquelles les personnes naissent, grandissent, travaillent, vivent et vieillissent, ainsi qu’aux forces économiques, sociales et politiques plus larges qui façonnent ces conditions de vie.

À retenir
La santé est multifactorielle. Elle résulte de l’interaction de nombreux déterminants dont les effets peuvent se cumuler au cours de la vie.

II. Les modèles des déterminants de santé

Plusieurs modèles ont été développés pour comprendre et représenter les facteurs influençant la santé.

 

Modèle de Lalonde

Le rapport Lalonde, publié au Canada en 1974, distingue quatre grandes catégories de déterminants :

Biologie humaine : patrimoine génétique, âge, caractéristiques physiologiques ;
Habitudes de vie : alimentation, activité physique, consommation de substances, comportements ;
Environnement : facteurs physiques, sociaux et économiques ;
Organisation des soins de santé : disponibilité, accessibilité et qualité des services.

Ce modèle a notamment contribué à montrer que l’état de santé d’une population ne dépend pas uniquement du système de soins.

 

Modèle de Dahlgren et Whitehead

Le modèle de Dahlgren et Whitehead, proposé en 1991, représente les déterminants de la santé sous la forme de couches concentriques autour de l’individu.

Du centre vers la périphérie, il distingue :

1. âge, sexe et facteurs constitutionnels ;
2. modes de vie individuels ;
3. réseaux sociaux et communautaires ;
4. conditions de vie et de travail : logement, emploi, éducation, services de santé, environnement de travail, alimentation, eau et assainissement… ;
5. conditions socio-économiques, culturelles et environnementales générales.

Ce modèle montre que les comportements individuels s’inscrivent dans un environnement social, économique et physique plus large.

Il illustre ainsi une approche écologique de la santé : la santé d’une personne dépend à la fois de ses caractéristiques propres et des différents milieux dans lesquels elle évolue.

III. Les déterminants individuels et biologiques

Les déterminants individuels et biologiques regroupent les caractéristiques propres à chaque personne.

Ils comprennent notamment :

  • l’âge ;
  • certaines caractéristiques liées au sexe ;
  • le patrimoine génétique ;
  • l’hérédité ;
  • les caractéristiques physiologiques ;
  • le développement au cours de la vie ;
  • les phénomènes liés au vieillissement.

 

Une partie de ces déterminants est non modifiable.

Ils peuvent influencer la probabilité de développer certaines pathologies, la vulnérabilité face à certaines expositions ou encore la manière dont d’autres déterminants affectent la santé.

Les différentes périodes de la vie sont également importantes. Les expositions et les conditions de vie durant la grossesse, l’enfance et l’adolescence peuvent avoir des conséquences sur la santé ultérieure.

IV. Les comportements et habitudes de vie

Les comportements et habitudes de vie peuvent avoir une influence favorable ou défavorable sur la santé.

Ils concernent notamment :

  • l’alimentation ;
  • l’activité physique ;
  • la sédentarité ;
  • le sommeil ;
  • la consommation de tabac, d’alcool ou d’autres substances psychoactives ;
  • les comportements sexuels ;
  • l’exposition aux écrans ;
  • les comportements de prévention ;
  • le recours aux soins.

 

Les comportements peuvent avoir un effet relativement direct sur l’état de santé. Cependant, ils ne doivent pas être considérés uniquement comme le résultat de choix personnels.

Ils sont eux-mêmes influencés par :

  • les connaissances et les compétences ;
  • les représentations sociales ;
  • le niveau d’éducation ;
  • les ressources financières ;
  • l’environnement familial et social ;
  • les conditions de travail ;
  • l’offre disponible sur le territoire ;
  • l’environnement physique.

 

Par exemple, la possibilité d’avoir une alimentation équilibrée dépend non seulement des connaissances nutritionnelles, mais également du revenu, du temps disponible, de l’accessibilité des commerces et de l’offre alimentaire.

À retenir
Un comportement de santé est individuel, mais les possibilités de l’adopter sont largement influencées par l’environnement et les conditions de vie.

V. Les déterminants sociaux, économiques et structurels

Les déterminants sociaux de la santé correspondent aux conditions sociales et économiques dans lesquelles les individus naissent, grandissent, vivent, travaillent et vieillissent.

Ils comprennent notamment :

  • le niveau de revenu ;
  • le niveau d’éducation ;
  • la littératie en santé ;
  • l’emploi ou le chômage ;
  • les conditions de travail ;
  • les conditions de logement ;
  • la précarité ;
  • l’environnement familial ;
  • les relations et le soutien social ;
  • l’isolement social ;
  • les discriminations ;
  • les conditions de vie durant l’enfance.

 

Déterminants structurels et intermédiaires

On peut distinguer :

Déterminants structurels
liés notamment au contexte politique, économique et social ainsi qu’à la répartition du pouvoir, des ressources et des opportunités ;
Déterminants intermédiaires
à travers lesquels ils agissent sur la santé : conditions matérielles de vie et de travail, facteurs psychosociaux, comportements de santé et facteurs biologiques.

Parmi les déterminants structurels figurent notamment :

  • les politiques publiques ;
  • le contexte économique ;
  • la protection sociale ;
  • l’organisation du travail ;
  • le système éducatif ;
  • la répartition des ressources ;
  • les normes sociales et culturelles.

 

Ils influencent la position socio-économique des individus, leur exposition aux facteurs favorables ou défavorables à la santé ainsi que les ressources dont ils disposent pour préserver leur santé.

Les individus ne disposent donc pas tous des mêmes ressources ni des mêmes possibilités d’agir sur leur santé.

 

Littératie en santé

La littératie en santé correspond aux connaissances et aux compétences permettant d’accéder aux informations et aux services de santé, de les comprendre, de les évaluer et de les utiliser afin de prendre des décisions concernant sa santé.

Elle dépend également de la capacité des organisations à rendre les informations et les services accessibles et compréhensibles.

Elle constitue ainsi elle-même un déterminant de la santé.

VI. Les déterminants environnementaux et les milieux de vie

L’environnement correspond à l’ensemble des éléments extérieurs susceptibles d’influencer la santé.

 

Environnement physique

Il comprend notamment :

  • la qualité de l’air ;
  • la qualité de l’eau ;
  • le bruit ;
  • les conditions climatiques ;
  • le logement ;
  • l’exposition à des agents chimiques, physiques ou biologiques ;
  • les risques professionnels ;
  • l’aménagement du territoire ;
  • les transports ;
  • l’accès aux espaces verts.

 

Environnement social et milieux de vie

La santé est également influencée par les différents milieux de vie dans lesquels évolue une personne :

  • famille ;
  • école ;
  • lieu de travail ;
  • quartier ;
  • structures de soins ;
  • établissements sociaux ou médico-sociaux ;
  • espaces de loisirs.

 

Ces milieux peuvent faciliter ou, au contraire, limiter l’adoption de comportements favorables à la santé.

L’approche écologique considère ainsi que la santé résulte de l’interaction entre l’individu et ses différents environnements.

La santé environnementale s’intéresse plus particulièrement aux effets des facteurs environnementaux sur la santé humaine et aux moyens de prévenir les expositions susceptibles de lui être défavorables.

VII. Les déterminants liés au système de santé

L’organisation du système de santé influence l’état de santé des individus et des populations.

Parmi les principaux déterminants liés au système de santé figurent :

  • la disponibilité de l’offre de soins ;
  • la répartition géographique des professionnels et des structures ;
  • l’accessibilité géographique ;
  • l’accessibilité financière ;
  • les délais d’accès aux soins ;
  • la qualité et la sécurité des soins ;
  • l’accès à la prévention et au dépistage ;
  • la continuité des soins ;
  • la coordination des parcours ;
  • l’accès à une information en santé compréhensible et adaptée.

 

L’accès aux soins ne correspond donc pas uniquement à l’existence d’une structure ou d’un professionnel de santé : l’offre doit également être accessible et adaptée aux besoins de la population.

Les obstacles rencontrés peuvent entraîner un retard ou un renoncement aux soins et participer aux inégalités de santé.

VIII. Interaction des déterminants et inégalités de santé

Les déterminants de la santé n’agissent pas indépendamment les uns des autres. Ils interagissent, s’accumulent et peuvent se renforcer mutuellement.

Par exemple :

Faibles revenus difficultés de logement environnement moins favorable contraintes alimentaires et d’activité physique exposition accrue à certains facteurs de risque état de santé plus défavorable

Inversement, certains facteurs de protection peuvent limiter les conséquences d’une exposition défavorable, comme un soutien social important ou un accès facilité aux ressources de santé.

 

Inégalités sociales de santé

Les inégalités sociales de santé correspondent à des différences systématiques d’état de santé entre différents groupes sociaux. Elles sont socialement construites et sont considérées comme évitables.

Les groupes sociaux ne sont pas exposés de la même manière :

  • aux facteurs de risque ;
  • aux conditions de vie défavorables ;
  • aux contraintes professionnelles ;
  • aux facteurs environnementaux ;
  • aux ressources permettant de protéger leur santé ;
  • à la prévention et aux soins.

 

Gradient social de santé

Le gradient social de santé désigne le fait que l’état de santé tend globalement à s’améliorer à mesure que la position socio-économique s’élève.

Les inégalités sociales de santé ne concernent donc pas uniquement les populations les plus précaires : des différences d’état de santé peuvent être observées tout au long de l’échelle sociale.

Elles résultent de mécanismes complexes associant les conditions de vie, l’environnement, les ressources, les expositions et les possibilités d’action dont disposent les individus.

À retenir
Les différences d’état de santé ne s’expliquent pas uniquement par les caractéristiques ou les comportements individuels. Elles sont également liées à une répartition inégale des déterminants favorables et défavorables à la santé.

IX. Déterminants de la santé et action en santé publique

L’identification des déterminants permet de comprendre pourquoi certains problèmes de santé apparaissent ou sont plus fréquents dans certaines populations et d’identifier les leviers sur lesquels il est possible d’agir.

Les actions de santé publique peuvent intervenir à différents niveaux :

  • individuel : développer les connaissances et les compétences en santé ;
  • interpersonnel et communautaire : renforcer le soutien social et mobiliser les communautés ;
  • milieux de vie : rendre les environnements plus favorables à la santé ;
  • organisationnel : améliorer l’accès aux services, à la prévention et aux soins ;
  • politique et structurel : agir sur les conditions économiques, sociales et environnementales.

 

Cette approche permet de dépasser une prévention reposant uniquement sur la modification des comportements individuels.

Elle est au cœur de la promotion de la santé, qui vise notamment à permettre aux individus et aux populations d’avoir davantage de maîtrise sur les facteurs qui influencent leur santé.

Agir sur les déterminants de la santé permet ainsi :

  • de prévenir certaines maladies ;
  • d’améliorer l’état de santé des populations ;
  • de créer des environnements favorables à la santé ;
  • de réduire les expositions défavorables ;
  • de favoriser l’accès aux ressources ;
  • de contribuer à la réduction des inégalités sociales de santé.
À retenir
Agir en santé publique ne consiste pas seulement à demander aux individus de modifier leurs comportements. Il s’agit également d’agir sur les environnements, les conditions de vie, les organisations et les politiques qui influencent ces comportements et l’état de santé.

Pour résumer

Déterminants de la santé