Comprendre les principes du tri des déchets d’activités de soins : DASND, DASRI, déchets perforants, conditionnement, entreposage et filières d’élimination.
Les déchets d’activités de soins (DAS) sont les déchets issus des activités de diagnostic, de suivi et de traitement préventif, curatif ou palliatif.
La gestion des déchets permet de :
Le tri doit être réalisé dès la production du déchet et au plus près du soin. Chaque déchet est orienté vers une filière adaptée à sa nature et aux risques qu’il présente.
Le producteur du déchet est responsable de son identification et de son orientation vers la filière appropriée. La responsabilité de son élimination lui incombe dans les conditions prévues par la réglementation.
Les déchets produits lors des soins sont orientés vers différentes filières selon leur nature et les risques qu’ils présentent.
Les DASND sont des déchets d’activités de soins qui ne présentent pas de propriété dangereuse nécessitant une filière spécifique.
Ils peuvent comprendre :
Les DASND sont orientés vers les filières adaptées selon leur nature et l’organisation de l’établissement. Certains peuvent faire l’objet d’un tri à la source en vue de leur recyclage ou de leur valorisation.
La dénomination DASND (déchets d’activités de soins non dangereux) tend à remplacer l’ancienne appellation DAOM (déchets assimilables aux ordures ménagères).
Les DASRI regroupent :
Certains déchets nécessitent une prise en charge spécifique en raison de leur nature ou du risque qu’ils présentent.
| Filière | Déchets concernés |
|---|---|
| DASND | Déchets d’activités de soins ne présentant pas de propriété dangereuse nécessitant une filière spécifique |
| DASRI | Déchets présentant un risque infectieux et certaines catégories de déchets réglementairement assimilées |
| Déchets médicamenteux | Médicaments non utilisés ou déchets contenant des médicaments |
| Déchets chimiques ou toxiques | Produits présentant un risque chimique ou toxique |
| Déchets radioactifs | Déchets contenant des radionucléides nécessitant une filière spécifique |
| Pièces anatomiques | Pièces anatomiques d’origine humaine aisément identifiables |
Les déchets d’activités de soins à risques infectieux (DASRI) sont des déchets qui présentent un risque infectieux du fait de la présence de micro-organismes viables ou de leurs toxines susceptibles de provoquer une maladie chez l’être humain ou chez d’autres organismes vivants.
Le guide national DASRI actualisé en 2025 précise les critères permettant d’évaluer ce risque infectieux.
Sont considérés comme présentant un risque infectieux :
L’identification du risque est réalisée au moment de la production du déchet, en tenant compte de la situation clinique.
Certains déchets doivent être éliminés selon les modalités applicables aux DASRI, même en l’absence de risque infectieux identifié :
Une aiguille utilisée est éliminée dans la filière DASRI puisqu’il s’agit d’un matériel piquant destiné à l’abandon.
Une compresse utilisée lors d’un soin n’est pas automatiquement un DASRI. Son orientation dépend du risque infectieux et de son imprégnation par des liquides biologiques.
Une compresse fortement imprégnée de sang avec risque d’écoulement relève de la filière DASRI.
Le caractère infectieux d’un déchet doit être évalué au moment où il est produit, en fonction du contexte clinique. Un déchet ne doit pas être classé automatiquement comme DASRI uniquement parce qu’il est « souillé » ou qu’il a été utilisé lors d’un soin.
En cas d’impossibilité d’évaluer les propriétés dangereuses du déchet, celui-ci doit être orienté vers la filière DASRI.
Les DASRI doivent être placés dès leur production dans des emballages adaptés à leur nature.
Les emballages destinés aux DASRI :
Le choix du conditionnement dépend du caractère perforant, solide, mou ou liquide du déchet.
Les objets piquants ou coupants sont éliminés dans des collecteurs spécifiques résistants à la perforation, placés à proximité immédiate du soin.
Exemples :
Ils doivent être éliminés immédiatement après leur utilisation.
Le professionnel doit :
Les déchets non perforants sont placés dans des emballages adaptés à leur nature et conformes à la réglementation : sacs, caisses ou fûts, selon le type de déchet.
Une fois fermé définitivement, un emballage contenant des DASRI ne doit pas être rouvert.
Avant le soin, vérifier le montage correct du collecteur et le placer au plus près du geste, à portée de main et sur un support adapté. Respecter les instructions du fabricant, la limite de remplissage et utiliser, lorsqu’elles sont prévues, les encoches de désolidarisation du collecteur afin d’éviter toute manipulation à risque.
Le tri doit être effectué au plus près de la production du déchet.
Avant le soin, le professionnel anticipe les déchets susceptibles d’être produits et prévoit les contenants nécessaires.
Lors du soin :
Après le tri, les DASRI ne doivent en aucun cas être mélangés aux autres déchets.
Piquant ou coupant destiné à l’abandon, produit sanguin à usage thérapeutique incomplètement utilisé ou périmé, ou fragment anatomique humain non aisément identifiable.
Risque chimique, toxique, radioactif, médicamenteux…
Le professionnel doit connaître et appliquer les consignes de tri, les protocoles et les circuits de déchets de son établissement. Certaines modalités pratiques d’organisation et certaines filières de valorisation sont définies localement.
Après leur production, les déchets suivent un circuit organisé : production → tri → conditionnement → collecte interne → entreposage → transport → traitement
Les emballages contenant des DASRI sont fermés avant leur évacuation et ne doivent plus être ouverts.
Les conditions et les durées maximales d’entreposage dépendent de la quantité de DASRI produite sur un même site.
| Quantité de DASRI produite | Durée maximale d’entreposage |
|---|---|
| > 100 kg/semaine | 72 heures |
| > 15 kg/mois et ≤ 100 kg/semaine | 7 jours |
| > 5 kg/mois et ≤ 15 kg/mois | 1 mois |
| ≤ 5 kg/mois | 3 mois |
Les zones ou locaux d’entreposage doivent permettre de conserver les déchets dans des conditions garantissant la sécurité des personnes et la maîtrise des risques sanitaires.
Les DASRI peuvent être traités par :
Le prétraitement par désinfection modifie l’apparence des déchets et réduit leur contamination microbiologique avant leur orientation vers les filières autorisées.
Certains déchets produits au cours des activités de soins présentent des risques particuliers et nécessitent une filière de gestion adaptée. Ils ne doivent pas être systématiquement assimilés aux DASRI.
Les médicaments non utilisés et les déchets contenant des médicaments doivent être orientés vers les filières prévues pour leur collecte et leur traitement.
Les médicaments cytotoxiques et cytostatiques présentent des risques particuliers pour les professionnels et l’environnement. Ils nécessitent une gestion spécifique, de leur collecte jusqu’à leur élimination.
Les déchets contenant des substances chimiques dangereuses doivent être identifiés, conditionnés et éliminés selon une filière adaptée au risque chimique.
Il peut s’agir de produits utilisés lors des soins, des examens diagnostiques, de l’entretien ou de la désinfection.
Les déchets radioactifs peuvent être produits lors d’activités utilisant des radionucléides, comme en médecine nucléaire.
Leur gestion répond à des règles spécifiques prenant en compte les caractéristiques du radionucléide et son niveau d’activité.
Il faut distinguer :
Les pièces anatomiques aisément identifiables font l’objet d’un conditionnement et d’une traçabilité spécifiques jusqu’à leur élimination.
Une mauvaise gestion des déchets d’activités de soins peut exposer les patients, les professionnels, les personnels chargés de leur collecte et l’environnement à différents risques.
La manipulation inadaptée d’un déchet présentant un risque infectieux peut entraîner une exposition à des micro-organismes pathogènes.
L’élimination incorrecte d’un objet piquant ou coupant peut provoquer :
La prévention repose en particulier sur l’élimination immédiate des objets perforants dans un collecteur adapté.
Une mauvaise identification ou une mauvaise orientation des déchets peut exposer les professionnels, les personnels chargés de leur traitement ou l’environnement à des substances dangereuses.
L’orientation injustifiée de déchets vers la filière DASRI :
Le tri doit permettre une juste orientation des déchets : la sécurité ne consiste pas à orienter systématiquement davantage de déchets vers la filière DASRI, mais à choisir la filière correspondant réellement à leur nature et aux risques qu’ils présentent.