UE 1.3.S4 – Législation, éthique, déontologie
IFSI de l’Eure (27)
Juin 2020

Sujet

Vous êtes infirmier(e) en EHPAD qui accueille Monsieur H, depuis le décès de son épouse en 2015.

Monsieur H, 80 ans, retraité de la fonction publique, présente une maladie de Parkinson très évoluée, diagnostiquée depuis 2017. De ce fait, il est devenu progressivement grabataire (perte d’autonomie dans les actes de la vie quotidienne : toilette, repas, mobilisation physique) et reste confiné dans sa chambre (chambre seule), alternant son installation au lit ou dans son fauteuil. Il présente une hypertonie importante des membres rendant les mobilisations et la station assise douloureuses.

Au niveau cognitif, il présente une détérioration sévère ne permettant plus d’établir une communication. De ce fait, Monsieur H a peu de contact avec les autres résidents et sa famille. Par ailleurs, ses deux enfants habitent dans le sud de la France ne viennent pas le voir aussi souvent qu’ils le souhaiteraient. Son fils ainé est tuteur et est nommé personne de confiance. Il n’a pas connaissance d’écriture de directives anticipées.

Depuis la fin d’année 2019, Monsieur H présente des troubles trophiques cutanés aux divers points d’appui (talons, genoux et sacrum), l’amenant à subir des soins appropriés. Cependant, régulièrement, les plaies se surinfectent et continuent d’évoluer. Un avis chirurgical est demandé. Le chirurgien propose une prise en charge symptomatique, au regard du contexte très évolué de la maladie neurologique de Monsieur H. De ce fait, et régulièrement, il lui est prescrit une antibiothérapie adaptée suites aux prélèvements bactériologiques.

À cette même période, Monsieur H s’est également vu proposer la pose d’une gastrostomie percutanée (GPE) suite à des troubles de déglutition importants.

À ce jour, l’état de santé de Monsieur H s’est dégradé. Il est devenu difficilement mobilisable suite à une algie importante. Malgré la nutrition entérale, Monsieur H présente des signes cliniques et biologiques de dénutrition avancée. Et au regard de ses escarres, il est diagnostiqué une colonisation par des germes anaérobies et un début de gangrène au pied droit. L’amputation éventuelle du pied droit est évoquée par le chirurgien craignant qu’il puisse mourir de l’évolution septique.

Vous participez, ce jour, à la réunion pluridisciplinaire afin de décider s’il faut ou non recourir à une amputation.

 

Question 1 (8 pts) – Réalisez l’analyse de la situation pour clarifier le problème éthique présenté par le cas de Monsieur H (utilisez l’outil de traçabilité de la démarche éthique).

 

Question 2 (10 pts) – En vous appuyant sur la démarche d’analyse éthique, proposez des argumentations en faveur et en défaveur d’une amputation (fondements déontologiques, religieux, éthiques, juridiques, textes de loi, recommandations, autres)

 

Question 3 (2 pts) – Au regard de votre analyse, argumentez le positionnement éthique du groupe que vous avez dans la prise de décision. 

 


Source: IFSI de l’Eure