Organisation tissulaire

SOMMAIRE

Julie VIOLET
Auteure de la fiche · En savoir plus →
Dernière mise à jour : 28/08/2026
Sources
Anatomie et physiologie normales et pathologiques Waugh & Grant, 2025 — Elsevier Masson
Manuel d’anatomie et de physiologie humaines Tortora & Derrickson, 2022 — De Boeck Supérieur
Tissus et organes ↗ Manuel MSD — Mise à jour 2025

I. Généralités

L’organisation tissulaire repose sur l’association de cellules au sein de tissus spécialisés. Un tissu est un ensemble organisé de cellules, associées à une quantité variable de matrice extracellulaire, qui participent à une ou plusieurs fonctions communes.

Les différents niveaux d’organisation de l’organisme sont :

Cellule
Tissu
Organe
Appareil
ou système
Organisme

Un tissu associe des cellules organisées pour assurer une fonction.

Un organe est constitué de plusieurs tissus organisés pour assurer une ou plusieurs fonctions.

Un appareil ou système regroupe plusieurs organes participant à une fonction de l’organisme.

On distingue quatre grands types de tissus :

  • les tissus épithéliaux ;
  • les tissus conjonctifs ;
  • les tissus musculaires ;
  • le tissu nerveux.

 

La proportion de cellules et de matrice extracellulaire varie selon le type de tissu. Celle-ci est particulièrement abondante dans les tissus conjonctifs.

II. Tissus épithéliaux

Les tissus épithéliaux sont constitués de cellules étroitement jointives, organisées en une ou plusieurs couches.

Ils recouvrent la surface du corps, tapissent les cavités et certains conduits de l’organisme et constituent les glandes.

Les épithéliums sont :

  • non vascularisés : leur nutrition s’effectue par diffusion à partir du tissu conjonctif sous-jacent ;
  • généralement innervés ;
  • constitués de cellules reposant sur une membrane basale ;
  • capables d’un renouvellement cellulaire plus ou moins rapide selon leur localisation.

 

Leurs principales fonctions sont :

  • la protection ;
  • l’absorption ;
  • les échanges ;
  • la filtration ;
  • la sécrétion ;
  • l’excrétion.

 

Épithéliums de revêtement

Ils recouvrent une surface ou tapissent une cavité.

Ils peuvent être classés selon le nombre de couches cellulaires :

Simple
1 couche

Une seule couche de cellules.

Stratifié
Plusieurs couches

Plusieurs couches de cellules.

Pseudo-stratifié
Aspect multicouche

Toutes les cellules reposent sur la membrane basale mais elles donnent l’impression de former plusieurs couches.

Leur structure est adaptée à leur fonction. Par exemple, un épithélium très fin facilite les échanges au niveau des alvéoles pulmonaires, tandis qu’un épithélium stratifié assure une fonction de protection.

 

Épithéliums glandulaires

Ils sont spécialisés dans la sécrétion.

On distingue :

  • glandes endocrines : sécrètent des hormones libérées dans le milieu intérieur puis transportées par le sang vers leurs cellules cibles ;
  • glandes exocrines : libèrent leur produit de sécrétion vers une surface ou une cavité, généralement par l’intermédiaire d’un canal ;
  • glandes amphicrines ou mixtes : possèdent à la fois une fonction endocrine et exocrine.

 

Exemple : le pancréas est une glande amphicrine : il sécrète des hormones comme l’insuline et le glucagon et produit également le suc pancréatique déversé dans le duodénum.

III. Tissus conjonctifs

Les tissus conjonctifs sont très présents dans l’organisme. Ils assurent principalement des fonctions de soutien, de liaison, de protection et de remplissage.

Contrairement aux épithéliums, leurs cellules sont non jointives et dispersées dans une matrice extracellulaire plus ou moins abondante.

La plupart des tissus conjonctifs sont vascularisés, mais leur vascularisation varie selon leur nature. Le cartilage, par exemple, est dépourvu de vaisseaux sanguins.

 

Matrice extracellulaire

Elle est constituée de :

  • substance fondamentale ;
  • fibres protéiques.

 

Les principales fibres de la matrice extracellulaire sont :

Collagène Résistance mécanique et solidité
Fibres élastiques Étirement et retour à la forme initiale
Fibres réticulaires Réseau de soutien dans certains tissus et organes
Cellules

Les tissus conjonctifs peuvent contenir différentes cellules :

  • fibroblastes : produisent les constituants de la matrice extracellulaire, dont le collagène ;
  • fibrocytes : formes plus quiescentes des fibroblastes participant au maintien de la matrice ;
  • adipocytes : spécialisés dans le stockage des lipides ;
  • différentes cellules immunitaires, qui participent aux mécanismes de défense et d’inflammation.

 

Fonctions

Les tissus conjonctifs participent à :

  • la liaison et au soutien des tissus et organes ;
  • la protection ;
  • la défense immunitaire ;
  • la réparation tissulaire ;
  • le stockage énergétique, pour le tissu adipeux ;
  • le transport, pour le sang.

 

Principaux types

On distingue entre autres :

  • tissu conjonctif lâche : relativement riche en cellules et en substance fondamentale ;
  • tissu conjonctif dense : riche en fibres de collagène, comme dans les tendons et les ligaments ;
  • tissu adipeux ;
  • cartilage ;
  • tissu osseux ;
  • sang et tissus hématopoïétiques.

IV. Tissus musculaires

Les tissus musculaires sont constitués de cellules spécialisées appelées myocytes ou fibres musculaires.

Leur propriété essentielle est la contractilité, c’est-à-dire leur capacité à se raccourcir et à produire une force.

On distingue trois types de tissus musculaires.

 

Tissu musculaire strié squelettique

Il constitue les muscles squelettiques, généralement reliés aux os par des tendons.

Sa contraction est principalement volontaire.

Il participe :

  • aux mouvements du corps ;
  • au maintien de la posture ;
  • à la production de chaleur.

 

Tissu musculaire strié cardiaque

Il constitue le myocarde, paroi musculaire du cœur.

Sa contraction est involontaire, rythmique et automatique.

Elle permet au cœur de propulser le sang dans la circulation.

 

Tissu musculaire lisse

Il est présent dans la paroi de nombreux organes creux et vaisseaux sanguins.

Sa contraction est involontaire.

Elle participe, par exemple :

  • à la progression du contenu du tube digestif ;
  • à la modification du diamètre des vaisseaux sanguins ;
  • à la contraction de certains organes creux.

V. Tissus nerveux

Le tissu nerveux est spécialisé dans la réception, l’intégration et la transmission des informations.

Il constitue principalement le système nerveux central et le système nerveux périphérique.

Il comprend deux grandes catégories de cellules.

 

Neurones

Les neurones sont des cellules excitables spécialisées dans la réception, le traitement et la transmission de l’information nerveuse.

Ils communiquent avec d’autres neurones, des cellules musculaires ou des cellules glandulaires.

 

Cellules gliales

Les cellules gliales assurent différentes fonctions indispensables au fonctionnement du tissu nerveux :

  • soutien des neurones ;
  • nutrition ;
  • protection ;
  • maintien de leur environnement ;
  • participation à la formation de la myéline pour certaines d’entre elles.

 

Dans le système nerveux central, on distingue macroscopiquement :

  • la substance grise, riche en corps cellulaires neuronaux, dendrites et synapses ;
  • la substance blanche, riche en axones, dont beaucoup sont myélinisés.

Les molécules sont ensuite transportées dans des vésicules vers différents compartiments cellulaires ou vers la membrane plasmique pour être sécrétées.

VI. Membranes de l’organisme

Plusieurs tissus peuvent s’associer pour former des membranes qui tapissent ou recouvrent certaines structures de l’organisme.

 

Muqueuses

Les muqueuses tapissent les cavités de l’organisme qui communiquent avec l’extérieur, comme les voies digestives, respiratoires, urinaires ou génitales.

Elles comportent un épithélium reposant sur un tissu conjonctif appelé chorion.

Selon leur localisation, elles assurent différentes fonctions :

  • protection ;
  • sécrétion ;
  • absorption ;
  • échanges.

 

Séreuses

Les séreuses tapissent certaines cavités fermées de l’organisme et recouvrent les organes qu’elles contiennent.

Elles comprennent :

  • la plèvre autour des poumons ;
  • le péricarde séreux autour du cœur ;
  • le péritoine dans la cavité abdomino-pelvienne.

 

Elles produisent une faible quantité de liquide facilitant le glissement des organes les uns par rapport aux autres.

VII. De la cellule à l’organe

Dans l’organisme, les quatre grands types de tissus ne fonctionnent pas de manière isolée. Ils s’associent pour constituer les organes.

Un même organe peut ainsi comporter :

  • un épithélium, assurant une fonction de revêtement, d’échange ou de sécrétion ;
  • du tissu conjonctif, assurant soutien, nutrition et liaison ;
  • du tissu musculaire, permettant la contraction lorsqu’elle est nécessaire ;
  • du tissu nerveux, assurant l’innervation et participant à la régulation de son fonctionnement.
Exemple L’intestin

L’intestin associe un épithélium impliqué dans l’absorption et la sécrétion, du tissu conjonctif de soutien, des couches de muscle lisse permettant la progression du contenu digestif et du tissu nerveux participant au contrôle de la motricité.

L’organisation tissulaire permet ainsi la spécialisation des structures et leur coordination pour assurer les différentes fonctions de l’organisme.

Pour résumer

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