Mis à jour le 14/08/2026
L’hypertension artérielle (HTA) est une maladie chronique caractérisée par une élévation persistante de la pression artérielle (PA).
Chez l’adulte, elle est définie par :
La pression artérielle correspond à la pression exercée par le sang sur la paroi des artères :
Le diagnostic d’HTA ne repose généralement pas sur une mesure isolée mais sur la persistance de chiffres tensionnels élevés lors de mesures répétées.
On distingue :
La pression artérielle dépend principalement du débit cardiaque et des résistances vasculaires périphériques :
PA = débit cardiaque × résistances vasculaires périphériques
L’HTA résulte d’un déséquilibre des mécanismes assurant la régulation de la pression artérielle.
Plusieurs mécanismes peuvent intervenir :
À long terme, l’augmentation de la pression exercée sur les parois vasculaires favorise un remodelage vasculaire et des lésions progressives des organes cibles : cœur, cerveau, reins, rétine et artères.
Facteurs modifiables :
Facteurs non ou peu modifiables :
Le tabagisme, le diabète et les dyslipidémies ne sont pas considérés comme des causes directes majeures de l’HTA mais constituent des facteurs de risque cardiovasculaire associés qui augmentent le risque global de complications.
Une HTA peut notamment être secondaire à :
Une HTA précoce, d’apparition brutale, particulièrement sévère ou résistante au traitement doit notamment faire rechercher une cause secondaire.
L’HTA est le plus souvent asymptomatique. Elle peut ainsi évoluer pendant plusieurs années avant d’être diagnostiquée.
Certains symptômes peuvent être observés, notamment lors d’une élévation importante de la pression artérielle, mais ils sont peu spécifiques :
Les manifestations peuvent également être celles d’une complication de l’HTA :
Le diagnostic repose sur la mise en évidence d’une élévation persistante de la pression artérielle.
La pression artérielle doit être mesurée dans des conditions standardisées :
Lors de l’évaluation initiale, il est recommandé de mesurer la pression artérielle aux deux bras afin de rechercher une éventuelle différence.
Le diagnostic peut être confirmé par des mesures réalisées en dehors d’un environnement de soins :
Automesure tensionnelle (AMT)
Le patient mesure lui-même sa pression artérielle à domicile avec un tensiomètre adapté.
Mesure ambulatoire de la pression artérielle (MAPA)
Un appareil mesure automatiquement la pression artérielle à intervalles réguliers pendant environ 24 heures, au cours des périodes diurne et nocturne.
Ces techniques permettent notamment de rechercher :
Il permet d’évaluer le risque cardiovasculaire, de rechercher une éventuelle cause secondaire et de dépister une atteinte des organes cibles.
Il comprend notamment :
D’autres examens peuvent être prescrits selon le contexte clinique.
La gravité d’une HTA ne dépend pas uniquement de la valeur de la pression artérielle.
Elle dépend notamment :
L’HTA peut notamment entraîner :
Une pression artérielle très élevée ne constitue pas à elle seule une urgence hypertensive.
L’urgence hypertensive correspond à une élévation sévère de la PA associée à une atteinte aiguë d’un organe cible, par exemple :
Elle nécessite une prise en charge médicale urgente et une diminution contrôlée de la pression artérielle.
Une élévation ponctuelle de la pression artérielle ne correspond pas nécessairement à une HTA chronique.
Il faut notamment rechercher :
Il faut également différencier une HTA persistante :
L’automesure tensionnelle et la MAPA participent à cette distinction.
L’objectif du traitement est de contrôler la pression artérielle et de réduire le risque de complications cardiovasculaires, cérébrales et rénales.
Elles font partie intégrante de la prise en charge :
Les principales classes d’antihypertenseurs utilisées sont :
Une association de plusieurs antihypertenseurs est fréquemment nécessaire pour obtenir un contrôle satisfaisant de la PA.
Les bêtabloquants sont notamment utilisés lorsqu’il existe une indication associée : coronaropathie, insuffisance cardiaque, certains troubles du rythme…
D’autres antihypertenseurs peuvent être utilisés dans certaines situations, notamment en cas d’HTA résistante.
En cas d’HTA secondaire, le traitement repose également sur la prise en charge de la cause.
Les objectifs sont individualisés en fonction de l’âge, de la tolérance au traitement, de la fragilité et des comorbidités.
Chez la majorité des adultes traités, les recommandations européennes récentes proposent, lorsque le traitement est bien toléré, de viser une PAS entre 120 et 129 mmHg.
Une HTA insuffisamment contrôlée entraîne progressivement des lésions vasculaires et augmente le risque de complications.
Le contrôle durable de la pression artérielle permet de réduire le risque de survenue de ces complications.
L’infirmier joue un rôle important dans le dépistage, la surveillance, l’éducation du patient et l’observance thérapeutique.