Fibrinogène

Sources

Collège des Enseignants d’Hématologie (CNEH)

Management of Severe Peri-operative Bleeding, ESAIC Guidelines

Recommandations sur la réanimation du choc hémorragique sur sfar.org

Julie VIOLET

Mis à jour le 02/08/2026

À retenir
Les points essentiels du cours
Le fibrinogène est le facteur I de la coagulation. - Il est synthétisé par le foie. - Il est transformé en fibrine sous l'action de la thrombine. - Il est également une protéine de la phase aiguë de l'inflammation. - Une diminution expose au risque hémorragique. - Une augmentation est le plus souvent liée à une réaction inflammatoire.

I. Généralités

Le fibrinogène (ou facteur I de la coagulation) est une protéine synthétisée par le foie. Il joue un rôle essentiel dans l’hémostase : sous l’action de la thrombine (facteur IIa), il est transformé en fibrine, qui constitue l’armature du caillot sanguin.

Le fibrinogène est également une protéine de la phase aiguë de l’inflammation. Sa concentration augmente lors d’un syndrome inflammatoire, d’une infection ou après un traumatisme.

 

II. Principales indications

Le dosage du fibrinogène est prescrit notamment dans le cadre :

  • d’un bilan de coagulation ;
  • d’un syndrome hémorragique ;
  • d’une suspicion de coagulation intravasculaire disséminée (CIVD) ;
  • d’un bilan de thrombose (plus rarement) ;
  • d’un syndrome inflammatoire ;
  • d’une insuffisance hépatique ;
  • de la surveillance de certains traitements fibrinolytiques ou thrombolytiques ;
  • de la surveillance des hémorragies massives (traumatologie, obstétrique, chirurgie majeure…).

 

III. Prélèvement

  • Sang veineux.
  • Tube citraté (bouchon bleu).
  • Environ 5 mL.

 

Le prélèvement doit être correctement rempli afin de respecter le rapport sang/citrate.

 

IV. Valeurs de référence

Adulte : 2-4 g/L

Chez le jeune enfant, les valeurs peuvent être légèrement plus faibles : 1,5-3,5 g/L

Les valeurs de référence peuvent varier légèrement selon les laboratoires.

 

V. Augmentation du fibrinogène

L’augmentation du fibrinogène est appelée hyperfibrinogénémie (> 4 à 5 g/L selon les laboratoires).

Elle est observée notamment lors :

  • des infections ;
  • des syndromes inflammatoires chroniques ;
  • de certains cancers ;
  • des connectivites ;
  • des syndromes néphrotiques ;
  • de certaines cholestases ;
  • de la grossesse ;
  • du tabagisme.

 

Un taux élevé traduit principalement une réaction inflammatoire. Lorsqu’il persiste, il est également associé à une augmentation du risque cardiovasculaire et thrombotique.

 

 

VI. Diminution du fibrinogène

La diminution du fibrinogène est appelée hypofibrinogénémie (< 1,5 g/L).

Elle peut résulter :

D’une diminution de la synthèse

  • insuffisance hépatique sévère ;
  • hypofibrinogénémie congénitale ;
  • malnutrition sévère.

 

D’une augmentation de la consommation

  • coagulation intravasculaire disséminée (CIVD) ;
  • fibrinolyse excessive ;
  • hémorragie massive ;
  • transfusion massive (coagulopathie de dilution) ;
  • traitement thrombolytique.

 

Une hypofibrinogénémie expose à un risque hémorragique, surtout lorsque le taux devient inférieur à 1 g/L.

 

VII. Absence du fibrinogène

L’absence complète de fibrinogène est appelée afibrinogénémie congénitale.

Il s’agit d’une maladie génétique rare, généralement diagnostiquée dès la naissance, responsable d’hémorragies parfois sévères.

 

VIII. En pratique

Lors d’une hémorragie massive (traumatisme, hémorragie du post-partum, chirurgie…), le fibrinogène est souvent le premier facteur de coagulation à diminuer.

Son dosage permet d’évaluer le risque hémorragique et peut conduire à l’administration de concentré de fibrinogène afin de restaurer une coagulation efficace.

Pour résumer (carte mentale)

fibrinogène