Communication non verbale

Sources

Communication soignant-soigné : repères et pratiques, Bioy, Bourgeois

Communication non verbale, enseignement et éducation à la santé, V Baty, 2016 sur em-consulte.com

Communication verbale et communication non verbale, Sylvie Ameline, 2021

Cours IFSI

La communication dans le soin, Franck Bernard, 2014, Arnette

La communication non verbale, C Terrier, 2013

La dimension non verbale de la communication, Jean-Claude Abric, 2019

Julie VIOLET

Mis à jour le 26/07/2026

À retenir
Les points essentiels du cours
La communication non verbale correspond à tous les messages transmis sans les mots (regard, gestes, posture, expressions du visage, toucher, silence, distance…). - Elle complète la communication verbale et doit rester cohérente avec le discours pour instaurer une relation de confiance. - Son interprétation dépend toujours du contexte, de la culture, de la personnalité et de l'état physique ou psychique de la personne : un même comportement peut avoir plusieurs significations.

I. Définition

La communication non verbale correspond à l’ensemble des informations transmises sans utiliser les mots. Elle regroupe les gestes, les expressions du visage, le regard, la posture, le toucher, la distance interpersonnelle, les silences, mais aussi certains éléments comme l’apparence ou la voix (intonation, rythme, volume).

Elle est présente dans toute interaction humaine et participe à la qualité de la relation soignant-soigné. Elle permet de transmettre des émotions, des intentions, des attitudes ou des besoins parfois plus efficacement que les paroles.

En soins, la communication non verbale permet notamment de :

  • instaurer un climat de confiance ;
  • favoriser le sentiment de sécurité ;
  • soutenir une communication empathique ;
  • détecter une souffrance ou une incompréhension ;
  • adapter sa posture professionnelle.

 

À l’inverse, une incohérence entre le discours et le langage corporel peut diminuer la crédibilité du message et altérer la relation thérapeutique.

 

 

II. Les limites de la règle des 55%

Pendant de nombreuses années, on a retenu que :

  • 55 % de la communication serait non verbale ;
  • 38 % paraverbale ;
  • 7 % verbale.

 

Ces chiffres proviennent des travaux d’Albert Mehrabian.

Aujourd’hui, ils sont très souvent mal interprétés.

En réalité, ces résultats concernaient uniquement des situations où les émotions étaient exprimées avec des messages contradictoires. Ils ne signifient pas que 93 % de toute communication est non verbale.

En pratique, les mots restent essentiels pour transmettre des informations médicales, tandis que la communication non verbale influence surtout la manière dont le message est perçu.

 

III. Les composantes de la communication non verbale

Les expressions du visage

Le visage constitue la principale source d’informations émotionnelles.

Les mimiques permettent d’identifier : la joie, la tristesse, la peur, la colère, le dégoût et la surprise.

Le sourire, lorsqu’il est authentique et adapté au contexte, favorise le sentiment de confiance.

À l’inverse, une expression fermée ou absente peut être interprétée comme de la distance ou du désintérêt.

En soins, l’observation des expressions faciales permet également d’évaluer : la douleur, l’anxiété, la fatigue, la confusion et la détresse.

 

Le regard

Le regard régule les échanges.

Il permet de montrer : son attention, son écoute, sa disponibilité et son intérêt.

Éviter constamment le regard peut être interprété comme un manque d’intérêt, alors qu’un regard trop insistant peut devenir intrusif.

Le regard doit toujours être adapté :

  • à la situation clinique ;
  • à la culture ;
  • aux préférences de la personne.

 

Les gestes

Les gestes accompagnent naturellement la parole.

Ils peuvent :

  • illustrer une explication ;
  • remplacer certains mots ;
  • manifester une émotion ;
  • réguler les échanges.

 

Knapp et Hall distinguent cinq catégories de gestes :

  • Emblématiques : possèdent une signification connue (pouce levé).
  • Illustratifs : accompagnent les paroles.
  • Affectifs : traduisent une émotion.
  • Régulateurs : organisent la conversation (hochement de tête).
  • Adaptatifs : permettent de gérer le stress (jouer avec un stylo, se toucher le visage…).

 

L’interprétation d’un geste dépend toujours du contexte et de la culture.

 

La posture

La posture renseigne sur l’attitude relationnelle.

Une posture ouverte favorise l’échange :

  • épaules détendues ;
  • bras décroisés ;
  • orientation vers la personne ;
  • légère inclinaison du buste.

 

À l’inverse, une posture fermée peut traduire :

  • de la distance ;
  • de la fatigue ;
  • un manque de disponibilité ;
  • de la peur ou de la méfiance.

 

Selon William James, on distingue quatre attitudes : attentive, de rejet, d’expansion et de contraction.

 

Le toucher

Le toucher est un moyen de communication particulièrement important dans les soins.

Il peut : rassurer, soutenir, accompagner et réconforter.

Le toucher thérapeutique doit toujours être :

  • expliqué ;
  • accepté par la personne ;
  • respectueux de son intimité ;
  • adapté au contexte culturel et clinique.

 

Stephen J. Weiss décrit plusieurs caractéristiques du toucher :

  • localisation ;
  • durée ;
  • intensité ;
  • progression ;
  • fréquence ;
  • perception.

 

Chez certains patients, notamment en cas de traumatisme, de douleur ou selon certaines croyances culturelles, le toucher peut être vécu comme intrusif.

 

Le silence

Le silence fait partie intégrante de la communication.

Il peut traduire : une réflexion, une émotion, une douleur, une hésitation, une sidération ou une écoute attentive.

En entretien infirmier, savoir respecter un silence est souvent plus utile que vouloir le combler immédiatement.

Le silence permet à la personne :

  • de réfléchir ;
  • d’exprimer ses émotions ;
  • de reprendre le contrôle de son discours.

 

La proxémie

La proxémie correspond à la gestion de la distance physique entre deux personnes.

Edward T. Hall distingue quatre espaces :

ZoneDistance
IntimeO à 45 cm
Personnelle45 cm à 1,20 m
Sociale1,20 à 3,60 m
Publique> 3,60 m

Les soins imposent fréquemment une intrusion dans la zone intime.

Le soignant doit donc :

  • demander l’autorisation lorsque cela est possible ;
  • expliquer chacun de ses gestes ;
  • préserver la pudeur ;
  • respecter l’intimité.

 

L’apparence

L’apparence constitue également un message non verbal.

Chez le soignant, une tenue adaptée participe :

  • au sentiment de sécurité ;
  • à la crédibilité professionnelle ;
  • à la prévention du risque infectieux.

 

Chez le patient, l’apparence peut apporter des informations utiles :

  • perte de poids ;
  • fatigue ;
  • négligence inhabituelle ;
  • signes de précarité ;
  • modifications comportementales.

 

Ces observations doivent rester objectives et ne jamais conduire à des jugements.

 

 

IV. Les facteurs influençant la communication non verbale

L’interprétation des comportements non verbaux dépend de nombreux facteurs :

  • la culture ;
  • l’âge ;
  • les habitudes sociales ;
  • les émotions ;
  • le contexte ;
  • les expériences de vie ;
  • le handicap ;
  • les troubles neurodéveloppementaux ;
  • les pathologies psychiatriques ;
  • les douleurs.

 

Un même comportement peut avoir des significations très différentes selon la personne.

Le soignant doit donc éviter les interprétations hâtives et toujours confronter ses observations avec les paroles de la personne.

 

 

V. Communication non verbale et relation de soins

Une communication non verbale adaptée permet :

  • de développer une relation de confiance ;
  • de renforcer l’alliance thérapeutique ;
  • de diminuer l’anxiété ;
  • de favoriser l’adhésion aux soins ;
  • d’améliorer la qualité des transmissions relationnelles.

 

Elle participe également à la prévention des conflits en montrant disponibilité, respect et écoute.

À l’inverse, certains comportements peuvent détériorer la relation :

  • consulter son téléphone pendant un entretien ;
  • rester debout alors que le patient est allongé ;
  • regarder son ordinateur en permanence ;
  • croiser les bras ;
  • soupirer ;
  • interrompre fréquemment le patient.

Pour résumer (carte mentale)

communication non verbale