Communication soignant-soigné : repères et pratiques, Bioy, Bourgeois
Communication non verbale, enseignement et éducation à la santé, V Baty, 2016 sur em-consulte.com
Communication verbale et communication non verbale, Sylvie Ameline, 2021
Cours IFSI
La communication dans le soin, Franck Bernard, 2014, Arnette
La communication non verbale, C Terrier, 2013
La dimension non verbale de la communication, Jean-Claude Abric, 2019
Mis à jour le 26/07/2026
La communication non verbale correspond à l’ensemble des informations transmises sans utiliser les mots. Elle regroupe les gestes, les expressions du visage, le regard, la posture, le toucher, la distance interpersonnelle, les silences, mais aussi certains éléments comme l’apparence ou la voix (intonation, rythme, volume).
Elle est présente dans toute interaction humaine et participe à la qualité de la relation soignant-soigné. Elle permet de transmettre des émotions, des intentions, des attitudes ou des besoins parfois plus efficacement que les paroles.
En soins, la communication non verbale permet notamment de :
À l’inverse, une incohérence entre le discours et le langage corporel peut diminuer la crédibilité du message et altérer la relation thérapeutique.
Pendant de nombreuses années, on a retenu que :
Ces chiffres proviennent des travaux d’Albert Mehrabian.
Aujourd’hui, ils sont très souvent mal interprétés.
En réalité, ces résultats concernaient uniquement des situations où les émotions étaient exprimées avec des messages contradictoires. Ils ne signifient pas que 93 % de toute communication est non verbale.
En pratique, les mots restent essentiels pour transmettre des informations médicales, tandis que la communication non verbale influence surtout la manière dont le message est perçu.
Le visage constitue la principale source d’informations émotionnelles.
Les mimiques permettent d’identifier : la joie, la tristesse, la peur, la colère, le dégoût et la surprise.
Le sourire, lorsqu’il est authentique et adapté au contexte, favorise le sentiment de confiance.
À l’inverse, une expression fermée ou absente peut être interprétée comme de la distance ou du désintérêt.
En soins, l’observation des expressions faciales permet également d’évaluer : la douleur, l’anxiété, la fatigue, la confusion et la détresse.
Le regard régule les échanges.
Il permet de montrer : son attention, son écoute, sa disponibilité et son intérêt.
Éviter constamment le regard peut être interprété comme un manque d’intérêt, alors qu’un regard trop insistant peut devenir intrusif.
Le regard doit toujours être adapté :
Les gestes accompagnent naturellement la parole.
Ils peuvent :
Knapp et Hall distinguent cinq catégories de gestes :
L’interprétation d’un geste dépend toujours du contexte et de la culture.
La posture renseigne sur l’attitude relationnelle.
Une posture ouverte favorise l’échange :
À l’inverse, une posture fermée peut traduire :
Selon William James, on distingue quatre attitudes : attentive, de rejet, d’expansion et de contraction.
Le toucher est un moyen de communication particulièrement important dans les soins.
Il peut : rassurer, soutenir, accompagner et réconforter.
Le toucher thérapeutique doit toujours être :
Stephen J. Weiss décrit plusieurs caractéristiques du toucher :
Chez certains patients, notamment en cas de traumatisme, de douleur ou selon certaines croyances culturelles, le toucher peut être vécu comme intrusif.
Le silence fait partie intégrante de la communication.
Il peut traduire : une réflexion, une émotion, une douleur, une hésitation, une sidération ou une écoute attentive.
En entretien infirmier, savoir respecter un silence est souvent plus utile que vouloir le combler immédiatement.
Le silence permet à la personne :
La proxémie correspond à la gestion de la distance physique entre deux personnes.
Edward T. Hall distingue quatre espaces :
| Zone | Distance |
| Intime | O à 45 cm |
| Personnelle | 45 cm à 1,20 m |
| Sociale | 1,20 à 3,60 m |
| Publique | > 3,60 m |
Les soins imposent fréquemment une intrusion dans la zone intime.
Le soignant doit donc :
L’apparence constitue également un message non verbal.
Chez le soignant, une tenue adaptée participe :
Chez le patient, l’apparence peut apporter des informations utiles :
Ces observations doivent rester objectives et ne jamais conduire à des jugements.
L’interprétation des comportements non verbaux dépend de nombreux facteurs :
Un même comportement peut avoir des significations très différentes selon la personne.
Le soignant doit donc éviter les interprétations hâtives et toujours confronter ses observations avec les paroles de la personne.
Une communication non verbale adaptée permet :
Elle participe également à la prévention des conflits en montrant disponibilité, respect et écoute.
À l’inverse, certains comportements peuvent détériorer la relation :