Comprendre comment les cellules échangent des informations : communication directe, locale, endocrine et synaptique, messagers chimiques, récepteurs et transduction du signal.
La communication intercellulaire désigne l’ensemble des mécanismes permettant aux cellules d’échanger des informations afin de coordonner leurs activités.
Elle est indispensable au bon fonctionnement de l’organisme et intervient notamment dans :
Dans une communication reposant sur un messager chimique, on distingue généralement trois éléments :
Une même molécule peut entraîner des réponses différentes selon la cellule cible, les récepteurs qu’elle possède et les mécanismes intracellulaires activés.
Lorsqu'elle repose sur un messager chimique libéré par une cellule, la communication intercellulaire comprend généralement plusieurs étapes successives.
La cellule émettrice synthétise ou produit un messager chimique destiné à transmettre une information.
Le messager chimique est libéré par la cellule émettrice, selon un mécanisme adapté à sa nature.
Le messager atteint la cellule cible, par diffusion locale ou par la circulation sanguine, par exemple.
Le messager se fixe à un récepteur spécifique présent à la surface ou à l'intérieur de la cellule cible.
La fixation du messager déclenche des mécanismes intracellulaires permettant de transmettre l'information.
La cellule cible réagit au signal : modification de son activité métabolique, sécrétion, contraction, prolifération ou modification de l'expression des gènes.
La réponse s'atténue ou cesse grâce à différents mécanismes : élimination du messager, désensibilisation du récepteur ou inactivation des voies intracellulaires.
La communication par contact direct permet à deux cellules voisines d’échanger des informations grâce à un contact physique entre leurs membranes.
Elle repose principalement sur deux mécanismes.
Les jonctions communicantes (gap junctions) sont des canaux reliant directement le cytoplasme de deux cellules adjacentes.
Ces canaux sont constitués de protéines appelées connexines, qui s’assemblent pour former des connexons.
Ils permettent le passage d’ions et de petites molécules d’une cellule à l’autre, assurant une communication rapide et coordonnée.
Exemple : dans le muscle cardiaque, les jonctions communicantes permettent la propagation de l’activité électrique entre les cardiomyocytes et participent à la synchronisation des contractions.
Certaines cellules communiquent grâce à l’interaction directe de molécules présentes à la surface de leurs membranes.
Dans ce cas, le signal n’est pas nécessairement libéré dans le milieu extracellulaire : il est transmis par la liaison entre une molécule membranaire d’une cellule et un récepteur situé sur une cellule voisine.
Exemple : lors de la réponse immunitaire, une cellule présentatrice d’antigène peut interagir directement avec un lymphocyte T et participer à son activation.
La communication locale repose sur la libération de messagers chimiques qui agissent à proximité de leur lieu de production, sans nécessiter leur transport par la circulation sanguine.
On distingue deux principaux modes de communication.
La communication paracrine correspond à la libération d’un messager chimique qui agit sur des cellules voisines possédant les récepteurs adaptés.
Le messager diffuse dans le milieu extracellulaire et exerce son action à proximité de la cellule émettrice.
Exemple : lors d’une réaction inflammatoire, certains médiateurs chimiques agissent sur les cellules voisines et participent à la réponse inflammatoire locale.
La communication autocrine correspond à la libération d’un messager chimique qui agit sur la cellule qui l’a elle-même produit.
La cellule émettrice possède donc les récepteurs capables de reconnaître son propre messager.
Exemple : un lymphocyte T activé peut produire de l’interleukine 2 (IL-2), qui participe à sa propre prolifération en agissant sur ses récepteurs.
La communication endocrine et la communication synaptique permettent de transmettre des informations entre des cellules grâce à des messagers chimiques. Elles se distinguent principalement par leur mode de transmission.
La communication endocrine repose sur la libération d’hormones par des cellules endocrines dans la circulation sanguine.
Les hormones sont transportées par le sang jusqu’aux cellules cibles, parfois situées à distance de leur lieu de production. Seules les cellules possédant les récepteurs adaptés peuvent répondre au signal hormonal.
Exemple : l’insuline, sécrétée par les cellules bêta du pancréas, agit notamment sur les cellules musculaires et adipeuses pour favoriser l’utilisation et le stockage du glucose.
La communication synaptique permet la transmission d’une information entre un neurone et une cellule cible, qui peut être un autre neurone, une cellule musculaire ou une cellule glandulaire.
Lorsqu’un potentiel d’action atteint la terminaison nerveuse, il peut déclencher la libération de neurotransmetteurs dans la fente synaptique.
Ces neurotransmetteurs se fixent sur des récepteurs de la cellule cible et peuvent modifier son activité.
La distance parcourue par le neurotransmetteur dans la fente synaptique est très courte, même si l’information nerveuse peut être transmise sur une longue distance le long de l’axone.
Exemple : à la jonction neuromusculaire, l’acétylcholine libérée par le motoneurone se fixe sur les récepteurs nicotiniques de la fibre musculaire et déclenche les événements conduisant à sa contraction.
Les messagers chimiques, également appelés ligands, sont des molécules capables de transmettre une information en se fixant sur des récepteurs spécifiques.
Ils peuvent agir à proximité de leur lieu de production ou être transportés jusqu’à des cellules cibles plus éloignées.
Selon leur nature et leur fonction, on distingue plusieurs catégories de messagers chimiques.
| Catégorie | Rôle principal | Exemples |
|---|---|---|
| Hormones | Régulent l'activité de cellules cibles, notamment dans le cadre de la communication endocrine. | Insuline, cortisol |
| Neurotransmetteurs | Transmettent des informations au niveau des synapses. | Acétylcholine, noradrénaline |
| Cytokines | Participent à la communication entre les cellules, notamment lors des réponses immunitaires et inflammatoires. | Interleukines |
| Facteurs de croissance | Interviennent dans la croissance, la prolifération et la différenciation cellulaires. | EGF (facteur de croissance épidermique) |
| Médiateurs chimiques | Participent à la régulation de différentes réponses locales, notamment inflammatoires. | Histamine |
La nature chimique d’un ligand influence sa capacité à traverser la membrane plasmique et le type de récepteur avec lequel il interagit.
Cette distinction correspond aux principaux mécanismes de signalisation, mais il existe des exceptions.
Les récepteurs cellulaires sont des protéines capables de reconnaître et de fixer spécifiquement un ligand.
La fixation d’un ligand peut entraîner l’activation du récepteur et déclencher une réponse cellulaire. Toutefois, certains ligands peuvent se fixer sans activer le récepteur, comme les antagonistes.
On distingue deux grandes catégories de récepteurs selon leur localisation.
Les récepteurs membranaires sont situés dans la membrane plasmique. Ils permettent à la cellule de détecter des signaux extracellulaires, notamment ceux transmis par des ligands hydrophiles.
On distingue trois grandes familles.
La fixation du ligand entraîne l'ouverture ou la fermeture d'un canal ionique, modifiant le passage des ions à travers la membrane plasmique.
Exemple : récepteur nicotinique de l'acétylcholine à la jonction neuromusculaire.
La fixation du ligand active une protéine G, qui transmet le signal à l'intérieur de la cellule et peut déclencher une cascade de réactions.
Exemple : récepteurs bêta-adrénergiques, sensibles notamment à l'adrénaline.
L'activation du récepteur déclenche des réactions enzymatiques intracellulaires qui participent à la transmission du signal.
Exemple : récepteur de l'insuline, qui possède une activité tyrosine kinase.
Les récepteurs intracellulaires sont situés dans le cytoplasme ou le noyau de la cellule.
Ils reconnaissent notamment certains ligands lipophiles capables de traverser la membrane plasmique, comme les hormones stéroïdiennes.
Après fixation du ligand, le complexe ligand-récepteur peut agir sur l’expression des gènes et modifier la synthèse de certaines protéines.
Exemple : le cortisol se fixe sur un récepteur intracellulaire des glucocorticoïdes. Le complexe activé participe à la régulation de l’expression de nombreux gènes.
La transduction du signal correspond à l’ensemble des mécanismes permettant de convertir un signal reçu par un récepteur en une réponse à l’intérieur de la cellule.
Après l’activation d’un récepteur, différentes protéines et enzymes intracellulaires peuvent intervenir pour transmettre l’information. Cette transmission repose parfois sur une succession de réactions appelée cascade de signalisation.
Certaines voies utilisent des seconds messagers, de petites molécules ou des ions qui relaient le signal à l’intérieur de la cellule.
Parmi les principaux seconds messagers, on retrouve :
Ces mécanismes permettent notamment d’amplifier le signal : l’activation d’un seul récepteur peut entraîner l’activation de nombreuses molécules intracellulaires.
La réponse dépend du type de cellule, du récepteur activé et des mécanismes de signalisation mis en jeu.
Elle peut se traduire par :
Un ligand transmet une information à la cellule cible.
La fixation d'un ligand agoniste active son récepteur.
Des protéines et, selon la voie, des seconds messagers transmettent et amplifient le signal.
La cellule modifie son activité en réponse au signal reçu.
Schéma simplifié d'une voie de signalisation faisant intervenir un récepteur et des relais intracellulaires. Tous les récepteurs ne fonctionnent pas selon ce modèle.
La signalisation cellulaire doit pouvoir être interrompue afin d’éviter une activation excessive ou prolongée de la cellule.
Plusieurs mécanismes permettent de limiter ou d’arrêter la réponse :
Exemple : à la jonction neuromusculaire, l’acétylcholine est rapidement dégradée par l’acétylcholinestérase, ce qui met fin à son action sur les récepteurs nicotiniques.
La communication intercellulaire intervient dans de nombreuses fonctions physiologiques. Sa compréhension permet également d’expliquer certains mécanismes pathologiques et l’action de nombreux médicaments.
L’insuline, sécrétée par les cellules bêta du pancréas, se fixe sur des récepteurs spécifiques présents notamment sur les cellules musculaires et adipeuses.
L’activation de ces récepteurs déclenche des mécanismes intracellulaires favorisant l’entrée du glucose dans ces cellules et son stockage.
Dans le diabète de type 2, une diminution de la sensibilité des cellules à l’insuline, appelée insulinorésistance, contribue à l’hyperglycémie.
À la jonction neuromusculaire, l’acétylcholine libérée par le motoneurone se fixe sur les récepteurs nicotiniques de la fibre musculaire, déclenchant les événements conduisant à la contraction.
Les curares non dépolarisants sont des antagonistes compétitifs de ces récepteurs. Ils empêchent l’action de l’acétylcholine et provoquent une paralysie musculaire réversible.
Les cytokines sont des messagers chimiques qui participent à la communication entre les cellules immunitaires et d’autres cellules de l’organisme.
Elles interviennent notamment dans le déclenchement, l’amplification et la régulation de la réponse inflammatoire.
Une production excessive ou une dérégulation de certains de ces messagers peut contribuer à des réactions inflammatoires pathologiques.
De nombreux médicaments agissent en se fixant sur des récepteurs cellulaires.
On distingue notamment :
Exemple : les bêtabloquants sont des antagonistes des récepteurs bêta-adrénergiques. Ils diminuent notamment les effets de l’adrénaline et de la noradrénaline sur le cœur, ce qui peut entraîner une diminution de la fréquence cardiaque.