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UE B.1 · Sciences biomédicales

Système respiratoire

Découvrir l’anatomie et le fonctionnement du système respiratoire, des voies aériennes aux échanges gazeux pulmonaires.

SOMMAIRE

Julie VIOLET
Auteure de la fiche · En savoir plus →
Dernière mise à jour : 22/09/2026
Sources
Anatomie & physiologie en fiches Anne Muller — Elsevier Masson, 2025
Cours IFSI
L’anatomie et la physiologie pour les infirmier(e)s Sophie Dupont — Elsevier Masson, 2024
L’essentiel de l’anatomie et de la physiologie Ian Peate — De Boeck Supérieur, 2024
Physiology, Pulmonary Ventilation and Perfusion Kyle A. — 2023

I. Généralités

Le système respiratoire regroupe les organes permettant la circulation de l’air et les échanges gazeux entre l’organisme et le milieu extérieur.

Il comprend :

  • le nez et les cavités nasales ;
  • le pharynx ;
  • le larynx ;
  • la trachée ;
  • les bronches et les bronchioles ;
  • les poumons ;
  • les alvéoles pulmonaires.
Fonction principale
Le système respiratoire assure :
O2
Apport d’oxygène Indispensable au fonctionnement cellulaire
CO2
Élimination du dioxyde de carbone Produit par le métabolisme cellulaire

Le système respiratoire participe également :

  • à l’équilibre acido-basique ;
  • à la phonation ;
  • à l’olfaction ;
  • au réchauffement, à l’humidification et à la filtration de l’air inspiré ;
  • à la défense contre les particules et les agents pathogènes inhalés.

II. Organisation des voies aériennes

Le système respiratoire est divisé en voies aériennes supérieures et inférieures.

 

Voies aériennes supérieures

Elles comprennent : le nez et les cavités nasales, le pharynx, le larynx. Elles assurent :

  • la conduction de l’air ;
  • sa filtration ;
  • son humidification ;
  • son réchauffement ;
  • l’olfaction ;
  • la phonation ;
  • la protection des voies aériennes inférieures.

 

Nez et cavités nasales

Les cavités nasales sont deux espaces creusés dans le massif facial et séparés par le septum nasal.

La muqueuse nasale est vascularisée et partiellement tapissée d’un épithélium cilié. Les poils, le mucus et les cils permettent de piéger puis d’évacuer une partie des particules inhalées.

Le déplacement du mucus vers le pharynx par les cils constitue la clairance mucociliaire.

 

Pharynx

Le pharynx est un conduit commun aux voies respiratoires et digestives. Il constitue un carrefour aérodigestif.

Il comprend :

  • le nasopharynx ou rhinopharynx ;
  • l’oropharynx ;
  • le laryngopharynx ou hypopharynx.

 

Larynx

Le larynx relie le pharynx à la trachée.

Il est constitué de plusieurs cartilages, dont :

  • le cartilage thyroïde ;
  • le cartilage cricoïde ;
  • les cartilages aryténoïdes ;
  • l’épiglotte.

 

Il assure trois fonctions principales :

  • le passage de l’air ;
  • la phonation grâce aux cordes vocales ;
  • la protection des voies respiratoires au cours de la déglutition.

 

Voies aériennes inférieures

Elles comprennent :

  • la trachée ;
  • les bronches ;
  • les bronchioles ;
  • les structures alvéolaires.

 

On distingue deux zones fonctionnelles :

01
Zone de conduction

Elle transporte l’air sans participer directement aux échanges gazeux.

Trachée → Bronches → Bronchioles → Bronchioles terminales
02
Zone respiratoire

C’est la zone des échanges gazeux. Elle comprend principalement :

Bronchioles respiratoires → Conduits alvéolaires → Alvéoles

III. Trachée et arbre bronchique

Trachée

La trachée est un conduit situé entre le larynx et les bronches principales.

Elle mesure environ 10 à 12 cm chez l’adulte et se trouve en avant de l’œsophage.

Sa paroi est renforcée par des anneaux cartilagineux incomplets en forme de C, qui maintiennent les voies aériennes ouvertes.

La trachée se divise au niveau de la carène en :

  • bronche principale droite ;
  • bronche principale gauche.
Bronche principale droite
Plus courte
Plus large
Plus verticale

Un corps étranger inhalé se dirige donc plus fréquemment vers l’arbre bronchique droit.

Arbre bronchique

Les voies aériennes se ramifient progressivement :

Bronches principales
↓
Bronches lobaires
↓
Bronches segmentaires
↓
Bronchioles
↓
Bronchioles terminales
↓
Bronchioles respiratoires
↓
Conduits alvéolaires
↓
Alvéoles pulmonaires

Les bronchioles ne possèdent pas de cartilage. Leur paroi contient des fibres musculaires lisses capables de modifier leur diamètre.

  • La bronchoconstriction diminue le calibre des voies aériennes et augmente les résistances au passage de l’air.
  • La bronchodilatation augmente le calibre bronchique et facilite le passage de l’air.

 IV. Poumons et plèvre

Les poumons sont situés dans la cage thoracique, de part et d’autre du médiastin et au-dessus du diaphragme.

Poumon droit
3 lobes
  • Supérieur
  • Moyen
  • Inférieur
Poumon gauche
2 lobes
  • Supérieur
  • Inférieur

Légèrement plus petit en raison de la présence du cœur.

Hile pulmonaire

Sur la face médiale de chaque poumon se trouve le hile pulmonaire, zone de passage des éléments formant la racine du poumon :

  • bronche principale ;
  • artère pulmonaire ;
  • veines pulmonaires ;
  • vaisseaux bronchiques et lymphatiques ;
  • nerfs.

 

Plèvre

Chaque poumon est entouré d’une membrane appelée plèvre, constituée de deux feuillets :

Organisation de la plèvre
Poumon
→
Plèvre viscérale Appliquée contre le poumon
→
Cavité pleurale Faible quantité de liquide pleural
→
Plèvre pariétale Tapisse la paroi thoracique

Le liquide pleural facilite le glissement des feuillets lors de la respiration.

La pression intrapleurale normalement négative contribue à maintenir les poumons déployés contre la paroi thoracique.

 V. Alvéoles et échanges gazeux

Les alvéoles pulmonaires sont de petites cavités remplies d’air situées à l’extrémité de l’arbre respiratoire. Elles sont entourées d’un réseau dense de capillaires pulmonaires.

Leur paroi comporte :

I
Pneumocytes de type I Très fins, ils participent aux échanges gazeux.
II
Pneumocytes de type II Ils produisent le surfactant.
M
Macrophages alvéolaires Ils participent à la défense immunitaire.
Surfactant

Le surfactant pulmonaire est une substance qui tapisse la face interne des alvéoles.

Il diminue la tension superficielle et contribue :

  • à maintenir les alvéoles ouvertes ;
  • à prévenir leur collapsus en fin d’expiration ;
  • à améliorer la compliance pulmonaire ;
  • à réduire le travail respiratoire.

 

Membrane alvéolo-capillaire

La membrane alvéolo-capillaire sépare l’air alvéolaire du sang des capillaires pulmonaires.

Les échanges gazeux s’effectuent par diffusion passive, selon les différences de pression partielle :

  • l’O₂ diffuse de l’alvéole vers le sang ;
  • le CO₂ diffuse du sang vers l’alvéole avant d’être expiré.

 

Trois phénomènes sont indispensables à une hématose efficace :

Les 3 phénomènes indispensables à l’hématose
01
Ventilation Arrivée d’air dans les alvéoles
→
02
Diffusion Passage des gaz à travers la membrane alvéolo-capillaire
→
03
Perfusion Circulation du sang dans les capillaires pulmonaires

VI. Circulation pulmonaire

La circulation pulmonaire, ou petite circulation, conduit le sang veineux vers les poumons afin qu’il soit oxygéné.

Le trajet est le suivant :

Trajet de la circulation pulmonaire
Ventricule droit
→
Tronc pulmonaire
→
Artères pulmonaires
→
POUMONS
Capillaires pulmonaires Oxygénation du sang
→
Veines pulmonaires
→
Oreillette gauche
AVANT LES POUMONS Sang pauvre en O2 et riche en CO2
→
APRÈS LES POUMONS Sang riche en O2
 

Les artères pulmonaires transportent un sang pauvre en O₂ et riche en CO₂.

Les veines pulmonaires transportent un sang riche en O₂.

Une artère se définit donc comme un vaisseau qui quitte le cœur, et une veine comme un vaisseau qui revient vers le cœur, indépendamment de l’oxygénation du sang.

VII. Mécanique ventilatoire

La ventilation pulmonaire alterne deux phases : l’inspiration et l’expiration.

L’air se déplace toujours d’une zone de pression élevée vers une zone de pression plus faible.

↓
Inspiration
Active au repos

Muscle principal : diaphragme

Contraction du diaphragme
↓
Abaissement du diaphragme
↓
Augmentation du volume thoracique
↓
Diminution de la pression alvéolaire
↓
L’air entre dans les poumons
Autres muscles : les intercostaux externes participent à l’augmentation du volume thoracique.
Inspiration forcée : recrutement possible des muscles scalènes et sternocléidomastoïdiens.
↑
Expiration
Principalement passive au repos

Elle résulte du relâchement des muscles inspiratoires et du recul élastique.

Relâchement des muscles inspiratoires
↓
Recul élastique des poumons et de la cage thoracique
↓
Diminution du volume thoracique
↓
Augmentation de la pression alvéolaire
↓
L’air sort des poumons
Expiration forcée : sollicitation des muscles abdominaux et des intercostaux internes.
Facteurs influençant la ventilation
Compliance pulmonaire

Capacité des poumons à se distendre sous l’effet d’une variation de pression.

↓ Compliance = poumon plus difficile à distendre
Résistance des voies aériennes

Opposition des voies aériennes au passage de l’air.

Elle dépend fortement du calibre bronchique.
Tension superficielle

La tension superficielle du liquide alvéolaire tend à favoriser la rétraction des alvéoles.

Elle est diminuée par le surfactant.

 VIII. Volumes respiratoires

Les volumes pulmonaires varient selon l’âge, le sexe, la taille et la morphologie. Les chiffres indiqués sont donc des valeurs moyennes.

  • Fréquence respiratoire (FR) :  nombre de cycles respiratoires par minute. Chez l’adulte au repos, elle est habituellement comprise autour de 12 à 20 cycles par minute.
  • Volume courant (VT ou VC) : volume d’air inspiré ou expiré au cours d’une respiration normale. Il est d’environ 500 mL chez l’adulte au repos.
  • Volume de réserve inspiratoire (VRI) : volume d’air supplémentaire pouvant être inspiré après une inspiration normale.
  • Volume de réserve expiratoire (VRE) : volume d’air supplémentaire pouvant être expiré après une expiration normale.
  • Volume résiduel (VR) : volume d’air restant dans les poumons après une expiration maximale. Il ne peut pas être expiré volontairement.

 

Les principales capacités et relations entre ces volumes sont :

CV Capacité vitale

Volume maximal mobilisable entre une inspiration maximale et une expiration maximale.

CV = VT + VRI + VRE
CPT Capacité pulmonaire totale

Volume total contenu dans les poumons après une inspiration maximale.

CPT = CV + VR
V̇E Ventilation minute

Volume total d’air mobilisé en une minute.

Ventilation minute = FR × VT

Une partie de l’air reste dans les voies aériennes de conduction et ne participe pas aux échanges gazeux : c’est l’espace mort anatomique.

 

IX. Transport des gaz respiratoires

Transport de l’oxygène

L’O₂ est transporté dans le sang sous deux formes :

  • principalement lié à l’hémoglobine ;
  • en faible quantité dissous dans le plasma.

 

La fixation de l’O₂ sur l’hémoglobine forme l’oxyhémoglobine.

La saturation en oxygène correspond au pourcentage de sites de fixation de l’hémoglobine occupés par l’O₂.

SpO2
Saturation pulsée en oxygène Estimée par l’oxymètre de pouls
SaO2
Saturation artérielle en oxygène Mesurée dans le sang artériel
PaO2
Pression partielle artérielle en oxygène Correspond à l’oxygène dissous dans le sang artériel

La libération de l’O₂ vers les tissus est favorisée notamment par :

  • l’augmentation du CO₂ ;
  • la diminution du pH ;
  • l’augmentation de la température.

 

Transport du dioxyde de carbone

Le CO₂ est transporté :

  • dissous dans le plasma ;
  • lié à des protéines, dont l’hémoglobine ;
  • principalement sous forme d’ions bicarbonate HCO₃⁻.

 

La réaction suivante, facilitée par l’anhydrase carbonique des globules rouges, participe au transport du CO₂ et à la régulation de l’équilibre acido-basique :

Transport du CO₂ · Équilibre acido-basique
CO2 + H2O ⇌ H2CO3 ⇌ H+ + HCO3−
Réaction facilitée par l’anhydrase carbonique des globules rouges

Une diminution de la ventilation alvéolaire favorise l’accumulation de CO₂ et l’hypercapnie. Une augmentation de la ventilation alvéolaire favorise son élimination et peut entraîner une hypocapnie.

X. Régulation de la ventilation

La ventilation est principalement contrôlée automatiquement par des réseaux nerveux situés dans le tronc cérébral, au niveau du bulbe rachidien et du pont.

Elle peut également être modulée volontairement, notamment lors de la parole, du chant ou d’une apnée volontaire.

Variation des gaz sanguins et du pH
↓
Chimiorécepteurs centraux
LOCALISATION Système nerveux central
PRINCIPALEMENT SENSIBLES À
↑ PaCO2

Par l’intermédiaire des modifications du pH du liquide cérébrospinal.

↑ PaCO2 → stimulation de la ventilation
Chimiorécepteurs périphériques
LOCALISATION Corpuscules carotidiens et aortiques
SENSIBLES À
↓ PaO2
↑ PaCO2
↓ pH
Transmission des informations aux centres respiratoires
↓
Adaptation de la ventilation Fréquence respiratoire · Amplitude respiratoire

Pour résumer

système respiratoire