UE 1.1.S1 – Psychologie, sociologie, anthropologie
IFSI de Fécamp (76)
Juin 2020

Sujet

Question n°1 (1 pt) – Quel est le postulat du modèle des thérapies cognitives ? 

 

Développement de la personne et la personnalité

Florian a 3 ans. Il vient en consultation de pédopsychiatrie avec sa mère parce que l’assistante sociale et la puéricultrice de la PMI (Protection Maternelle Infantile) sont inquiètes quant à son développement et son comportement. Ils sont vus par une infirmière en entretien de première intention. Lors de cet entretien, qui a lieu dans les locaux du CMP (Centre Médico-Psychologique), elle constate que Florian ne s’émeut pas du tout quand sa mère le quitte pour aller aux toilettes, par exemple. Même lorsqu’elle sort à plusieurs reprises pour téléphoner en le laissant seul dans la salle d’attente, il n’a pas l’air de s’en inquiéter et continue à jouer.

 

Question n°2 (2 pts) – A partir de cette simple observation, expliquez le concept d’attachement.

 

Question n°3 (2 pts) – Comment pouvez-vous caractériser l’attachement de Florian à sa mère ? Argumentez votre réponse.

 

Question n°4 (5 pts) – Magali a quatre ans. Elle aime enfiler les chaussures de sa mère, surtout si elles sont très féminines (talons hauts…). Elle aime aussi se barbouiller avec le tube de rouge à lèvres trouvé dans le sac à main de maman, sac à main qu’elle adore porter à son épaule malgré son poids et sa taille. Ce déguisement l’amène à parader sous les yeux de son père. Son cousin germain Manuel a quatre ans aussi. Il adopte facilement des jeux qui nécessitent un comportement martial. Il ne déteste pas non plus utiliser les outils de son père pour « réparer » tout ce qu’il trouve dans la maison.

Ces comportements signent le processus d’identification aux images parentales et fondent la différenciation sexuelle. Ils signifient que Magali et Manuel entrent dans une nouvelle période de leur développement psychoaffectif.

Quel est-il ? Argumentez votre réponse.

 

Question n°5 (3 pts) – Quel lien faites-vous entre le complexe d’Œdipe et le Surmoi ?

 

Psychologie analytique

Question n°6 (2 pts) – Expliquez au regard de la deuxième topique de Freud pourquoi le Moi élabore-t-il un mécanisme de défense.

 

Question n°7 (1,5 pt) – Décrivez la première topique de Freud.

 

Question n°8 (2 pts) – Lorsque la mère donne le sein à son enfant, elle apaise la tension liée à la faim. En même temps, elle lui offre la chaleur de sa présence et de son contact.

Peut-on considérer la faim comme une pulsion ? Argumentez votre réponse en vous appuyant sur la conception freudienne.

 

Question n°9 (4 pts) – Il est important de savoir que les personnes qui ont joué un rôle important dans la vie du patient interviennent inconsciemment dans la relation que les soignants construisent avec lui. Par exemple, on pourrait dire que la relation d’un patient donné avec un soignant, relation de dépendance et de soumission confiante, peut être colorée par la relation que le patient avait avec sa mère. Cette relation sera influencée par son passé et par le type de relation qu’il a pu construire avec celle ou celui qui avait la charge de prendre soin de lui. S’il n’a pas confiance, ce n’est peut-être pas seulement parce qu’il n’a pas confiance en le soignant mais peut-être aussi parce qu’il n’a jamais pu construire de relation  de confiance avec celle qui le maternait.

En vous appuyant sur vos connaissances, identifiez le concept évoqué dans le texte et expliquez en quoi il consiste.

 

Psychologie de la santé

Question n°10 (2 pts) – Mustapha est infirmier dans un service d’hospitalisation en psychiatrie. Il est intrigué par un patient qui est entré la veille avec un diagnostic de syndrome dépressif majeur sévère. Celui-ci reste assis sur son lit, immobile. Il ne parle pas. Il ne s’est pas lavé et n’a pas mangé depuis plusieurs jours. Mustapha est son infirmier référent. Il décide de l’aider à se doucher, ce qu’il fait avec beaucoup de douceur. Il fait ensuite de même pour l’alimentation et propose à ce patient de manger dans sa chambre. Lors de ces moments, aucune parole n’est échangée, le visage et le corps de cet homme sont comme figés, immobiles, vides, presque sans vie. Quelques jours se passent pendant lesquels Mustapha doit faire des efforts continus pour accompagner le patient lors de sa toilette et de ses repas, qu’il prend toujours seul. Ayant remarqué la raideur exagérée de son corps, Mustapha décide de lui faire un massage des mains et des pieds, avec l’intention de lui proposer plus tard un massage du corps. Vingt minutes plus tard, alors que la séance de massage allait se terminer, le visage jusque-là figé et inexpressif du patient exprime une mimique de souffrance intense, suivie par des pleurs. Son corps est alors secoué par des spasmes, il se recroqueville sur son lit en gémissant. Ce ne sera que deux jours plus tard qu’il commencera à parler à Mustapha de sa souffrance, de ce vide incommensurable qu’il ressent au fond de lui depuis que sa mère est décédée, vide qui le paralyse ou qui, comme en ce moment, semble le brûler de l’intérieur. Quelques jours plus tard, il se rendra au réfectoire pour manger avec les autres patients.

En vous appuyant sur vos connaissances, caractérisez puis décrivez la douleur ressentie par le patient.

 

Question n°11 (4 pts) – Mme J. est une femme très propre. Elle nettoie les sols de son appartement tous les deux jours (les jours pairs), ce qui lui prend une heure et demie. Les jours impairs, lorsqu’elle rentre de son travail de secrétaire, elle fait la poussière et nettoie sa cuisine complètement. Chaque week-end, elle nettoie ses vitres. Mme J. sait qu’elle en fait trop mais elle se sent si bien dans son appartement propre. Elle ne peut être détendue et s’adonner à ses loisirs, lecture, sport, spectacles musicaux, que lorsque son ménage est fait. Lorsqu’elle invite des amis (ce qui n’est pas fréquent), elle set très heureuse mais, le lendemain, elle doit nettoyer de fond en comble son appartement.

Un soir, son ménage terminé, elle regarde à la télévision une émission sur les TOC (troubles obsessionnels compulsifs) dans laquelle s’exprime une jeune femme qui fait le ménage de son appartement tous les jours pendant plusieurs heures et qui est un véritable dictateur pour sa famille. Cette femme explique qu’elle se sent obligée de faire tout ce travail, faute de quoi, elle devient angoissée. Mme J. ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec sa manie du ménage et avec la gêne qu’elle ressent si cette manie est empêchée. Quelques semaines plus tard, elle décide de consulter un psychologue (un psychiatre lui fait trop peur) pour lui poser la question. Celui-ci lui demande comment elle se sent dans sa vie. Mme J. ne peut que lui dire qu’elle se sent bien, qu’elle a la vie qu’elle souhaitait. Le travail avec ce psychologue va durer deux ans. A son issue, Mme J. ne nettoiera plus son appartement de manière si systématique mais elle ne supportera toujours pas la moindre saleté.

En vous appuyant sur vos connaissances, pensez-vous que Mme J. est malade psychiquement ? 

 

Psychologie sociale

Question n°12 (2 pts) – Marie, 8 mois, est en vacances avec sa famille dans le sud de la France. Ce matin, elle visite une église en compagnie de sa mère. A peine entrée dans cette église, elle est surprise d’entendre sa mère lui parler à voix basse et faire ce son (chuuut…) qu’elle connaît déjà, et qu’elle a compris comme signifiant de faire moins de bruit : elle fait l’expérience que certains lieux imposent des comportements spécifiques.

L’après-midi, elle est sur la plage et s’amuse à marcher à quatre pattes sur le sable dans toutes les directions vers ces innombrables serviettes si colorées étendues un peu partout. Elle constate cependant qu’à chaque fois qu’elle s’approche de l’une de ces serviettes, sa mère arrive pour dévier son chemin : elle fait l’expérience que tous les objets qui l’attirent ne sont pas à sa disposition.

Un peu plus tard, toujours sur la plage, c’est son père qui intervient avec sa voix forte (qui lui fait un peu peur) en demandant fermement à des jeunes qui jouent au ballon de s’éloigner un peu : elle fait l’expérience qu’il existe des espaces que sa famille protège des intrusions et que c’est son père qui intervient dans ce domaine.

Un mois plus tard, Marie est à la crèche et se fait gronder par la nounou parce qu’elle a mordu une autre petite fille qui lui prenait un jouet qui l’amusait. Pourtant, 5 minutes plus tôt, cette même nounou n’a rien dit lorsque Jonas (son copain préféré) a refusé de lui donner ce même jouet : Marie fait l’expérience du partage, de l’expression mesurée du refus et du respect de l’autre.

Ces moments de vie, innombrables dans la journée d’un enfant, sont-ils des expériences de socialisation ? Argumentez votre réponse.

 

Question n°13 (1,5 pt) – Julie est scolarisée en seconde au lycée. Elle vient voir l’infirmière scolaire pour la troisième fois cette année parce qu’elle a de la fièvre et qu’elle tousse. Pour la troisième fois, l’infirmière lui fait remarquer qu’elle n’est pas suffisamment vêtue pour la saison hivernale. Julie répond que le manteau que lui ont acheté ses parents est trop moche et qu’elle préfère avoir froid plutôt que s’en vêtir.

En vous appuyant sur vos connaissances, que vous inspire cette situation ?

 

Modes de communication

Question n°14 (2 pts) – Il existe parfois des situations où le soignant ne sait pas quoi faire, ni quoi dire, face à une personne en fin de vie, par exemple. Dans ces situations extrêmes, l’important est surtout de témoigner une présence et une sollicitude : un regard, un geste, une attention, une main tendue.

En vous appuyant sur vos connaissances, quels commentaires pouvez-vous faire à propos de ces affirmations ?

 

 


Source: IFSI de Fécamp